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Le cartel

Ce dispositif de travail en petit groupe autour de Séminaires de Lacan ou de Jacques-Alain Miller ou sur des thèmes de clinique et de pratique analytique peut se constituer à tout moment. Vous trouverez dans cette rubrique un texte de présentation de ce qu’est un cartel, différents textes de références concernant ce dispositif inventé par Lacan en 1964.

Etudier en cartels

  • Cartels dans les textes

    31 juillet 2014

    Textes fondamentaux de Jacques Lacan et Jacques-Alain Miller sur le cartel

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  • Qu’est-ce qu’un cartel ?

    30 juillet 2014

    Franck Rollier C’est un dispositif de travail inventé par  Lacan en 1964, pour rendre vivante l’étude de la psychanalyse. Il s’agit d’adopter « le principe d’une élaboration soutenue dans un petit groupe.

     

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  • Cinq variations sur le thème de « l’élaboration provoquée »

    30 juin 2014

    Jacques-Alain Miller L'expression « l'élaboration provoquée », forgée par Pierre Thèves à partir d'un texte de Lacan indiquant ce qui revient au plus-un de cartel, fait mouche, et c'est très volontiers que j'ai accepté sur son invitation de m'essayer ce soir à des variations sur cette formule.

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Inscriptions

Vous pouvez inscrire votre cartel, constitué ou en cours de constitution sur ce site. Lorsque la période d’inscription est ouverte, du 1er septembre au 15 juin, un identifiant et un mot de passe sont requis. Votre plus Un en dispose.

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Cette arme puissante, le cartel

 

Dalila Arpin

Jacques Lacan crée le cartel en même temps qu’il fonde l’École freudienne de Paris, le 21 juin 1964. Á l’époque, l’entrée à l’École se fait par le cartel. C’est aussi un cartel qui nomme les AE dans une École de psychanalystes. C’est dire combien le cartel est le socle de notre École. L’élaboration en petits groupes est ainsi encouragée, à des fins notamment de contrôle et de critique : « Ceux qui viendront dans cette Ecole, s’engageront à remplir une tâche soumise à un contrôle interne et externe. Ils sont assurés en échange que rien ne sera épargné pour que tout ce qu’ils feront de valable ait le retentissement qu’il mérite, et à la place qui conviendra. Pour l’exécution du travail, nous adopterons le principe d’une élaboration soutenue dans un petit groupe[1] » … « Quatre se choisissent, pour poursuivre un travail qui doit avoir son produit…propre à chacun, et non collectif. [2]»

Le ton est donné. Le cartel est une incitation au travail mais à un travail soumis à certaines conditions : il doit être individuel et être passé par le contrôle interne du cartel et externe de l’École. Le but est de faire connaître les produits du cartel au sein de cette École. Le cartel est donc une façon de faire avancer la psychanalyse, véritable work in progress qui empêche le savoir d’être ankylosé.

De nos jours, le cartel est d’une brûlante actualité. Nous vivons dans une époque caractérisée par la chute du Nom-du-Père et par conséquent, des valeurs et des idéaux. Elle porte aussi les traits de l’Autre qui n’existe pas, d’où se déduisent les écueils rencontrés dans notre pratique au niveau du transfert ainsi que la façon dont les sujets nouent des liens labiles, fragiles et éphémères. Dans L’amour liquide[3], Zygmunt Bauman aborde la fragilité des liens humains. Dans une société mondialisée, prônant la consommation et développant de vastes réseaux de communication, les relations humaines deviennent flexibles plutôt que durables.

Et enfin, notre époque est celle de « la montée au zénith de l’objet a[4] ». Et dans cette course à l’objet, le sujet lui-même devient objet. « Le sujet auto augmenté est le sujet qui jouit de la valeur qu’il est pour lui-même[5] ». Le film de Christophe Barratier, L’outsider, inspiré de l’affaire Kerviel, illustre ce mouvement par lequel le sujet est lui-même un capital qu’il est censé investir, vendre, amortir. Lancé dans la course à l’investissement, un trader devient objet de la machine, ne pouvant plus s’arrêter.

En revanche, les travaux issus des cartels luttent, chacun à sa leur façon, contre la transformation du sujet en objet. Ils restituent la place au sujet de l’énonciation, celui qui lit, celui qui suit le chemin de son interrogation intime. Le cartel est le moyen de produire un travail orienté par son désir. Le projet du cartel est ainsi celui d’un engagement et non pas celui d’une rencontre éphémère.

Le cartel s’oppose également aux effets de masse : « Pour prévenir l’effet de colle, permutation doit se faire[6] ». Á l’ère de la globalisation, le cartel préserve la place du sujet et de sa singularité. Au temps des entreprises de classification et de mensuration dans le champ de la santé mentale, le travail de chaque cartellisant répond à ses questions uniques, hors de tout programme et de tout standard.

La première opération essentielle qui fonde le sujet est, comme Lacan nous l’enseigne, l’aliénation[7]. Par cette opération, le sujet apparaît, d’un côté comme sens et de l’autre, comme aphanisis. C’est dire que les signifiants de l’Autre le modèlent, le forgent à leur image et ressemblance. Mais cela, au prix de sa propre disparition subjective. Si cette opération est constitutive du sujet, on peut cependant l’identifier dans différents domaines de notre vie : « Quoiqu’on fasse, on est toujours un petit peu plus aliéné, que ce soit dans l’économique, dans le politique, le psycho-pathologique, l’esthétique et ainsi de suite. Ca ne serait pas une mauvaise chose de voir en quoi consiste la racine de cette fameuse aliénation[8] ».

Notre époque accentue d’une manière particulièrement marquée l’aliénation du sujet aux standards globalisés. On veut le faire rentrer dans des classifications, dans des normes statistiques. On veut le réduire, en définitive, au statut d’objet au détriment de sa position de sujet. Face à cette montée de l’uniformisation contemporaine, le cartel – avec l’encouragement à la production individuelle est plus que jamais, une arme contre l’aliénation.

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[1] Lacan, J., op. cit.

[1] Lacan, J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1973, p. 191.

[1] Ibid.

[1] Lacan, J., « Acte de Fondation de l’Ecole freudienne de Paris », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 229.

[2] Ibid.

[3] Bauman, Z., L’amour liquide, Paris, Pluriel, 2010, coll. Poche.

[4] Lacan J., « Radiophonie », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 414.

[5] Dardot, P., Laval, C., Ce cauchemar qui n‘en finit pas, comment le néolibéralisme défait la démocratie, Paris, La Découverte, 2016.

[6] Lacan, J., op. cit.

[7] Lacan, J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1973, p. 191.

[8] Ibid.

 

 

 

 

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