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Beatriz Vindret : un classique moderne et inventif

Beatriz Vindret : un classique moderne et inventif

Ma tristesse est immense. Je fais partie de ce grand nombre étudiants qui ont appris à lire Freud et Lacan avec Serge Cottet.  Il a dirigé mon DESU, et mon DEA. J’ai suivi pendant de  nombreuses années ses cours. Pour rien au monde je n’aurais manqué son Séminaire de DEA, rue de Navarin, les mardis de 18h à 20h. C’était un rendez-vous hebdomadaire dont l’esprit très français, érudit, et très singulier, me confirmait à chaque fois le bien fondé de ma venue en France.

Mon lien de transfert, fort et durable, envers Serge Cottet s’est fait de l’amour que j’adressais à son savoir et à sa manière de le transmettre. Il laissait toujours apercevoir le trou autour duquel tout savoir se constitue. Ce n’est pas une mince affaire en ce qui me concerne.  Originaire de Cuba, j’avais eu des maîtres qui savaient et dictaient ce qu’il fallait penser sur tout. Avec Serge Cottet, nous avons beaucoup ri de la manière dont l’enseignement marxiste-léniniste que j’avais reçu avait orienté ma lecture de Hegel, et de Kant. Mon approche fut radicalement modifiée. Si je lis encore et toujours Freud, c’est grâce à lui.

Tout le temps de mon travail universitaire et de l’écriture des mémoires, Serge Cottet a été très disponible. Il était intransigeant et rigoureux, mais également affable et généreux. Il n’hésitait pas à me prêter ses propres livres. Lorsque je sortais de chez lui, je filais tout de suite dans une librairie. Ma bibliothèque lui doit beaucoup.

J’ai choisi Serge Cottet comme contrôleur ; c’était une évidence. Il était musicien, et  aimait la musique classique, ce fut essentiel pour moi. J’aimais trouver dans sa salle d’attente les partitions qu’il était en train de travailler. Le cadre formel que la musique impose et qu’il connaissait si bien, m’a servi souvent d’appui pour saisir la rigueur doctrinale qu’il s’imposait tout en y suggérant des variations possibles. Il m’a transmis l’importance de ne jamais faire dire à un cas ce qu’il ne dit pas, et de garder toujours l’écart entre concept et clinique. Dans son classicisme, le style de Serge Cottet était moderne et inventif.

Il a accompagné, toujours avec humour, générosité et tendresse, chaque temps fort de mon existence, comme psychanalyste, comme femme, comme mère. Ses textes continueront à m’orienter et à me servir. Ma peine n’en finira pas de passer.