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Catherine Stef : le chagrin à la mesure

Catherine Stef : le chagrin à la mesure

Dans l’ouverture à la journée clinique des 47èmes journées qui viennent de se tenir, Apprendre, désir ou dressage, Serge Cottet nous a donné encore une fois l’occasion de suivre avec lui les déambulations de personnages romanesques de notre époque, pour nous en enseigner, pour que nous en prenions de la graine, pour que nous ayons le goût d’y lire sans diplopie, sans erreur dinterprétation, ce que permet autrement l’expérience de la cure : devenir ce quon est. Véritable éducation politique en même temps que sentimentale, à l’instar d’un Harry Potter commenté par Jean-Claude Milner, que Serge Cottet cite dans ce texte, lu par Rose-Marie Bognar ce samedi 25 novembre.

Devenir ce qu’on est. Donner vie à un alphabet inerte, plutôt que de laisser les lettres mortes à leur ataraxie. La présence de l’analyste se construit, se manifeste sur fond d’absence. L’absence de Serge Cottet, aujourd’hui, est d’un autre ordre, à vrai dire assez impensable et difficile à supporter. Mais il a permis, pour beaucoup d’entre nous, de faire exister durablement le désir de l’analyste. C’est une rencontre dans le cours de la cure, et c’est le produit d’une cure menée à son terme : qui reste. Il a guidé aussi l’expérience du praticien dans le contrôle, avec tact, précision, curiosité, rigueur. La perte est immense pour notre École et au-delà.  Le chagrin à la mesure.