Hélène Deutsch, l’obsession et la jouissance féminine

Lilia Mahjoub

 

Conférence clinique sur la névrose obsessionnelle
28 juin 2007

Pour parler de la névrose obsessionnelle féminine, je m’appuierai sur des cas relatés par Hélène Deutsch, l’une de ses trois élèves citées par Freud, avec Ruth Mack Brunswick et Jeanne Lampl de Groot, dans son texte de 1930 sur la sexualité féminine. D’avoir été ainsi citée, avec deux autres femmes, produisit sur Hélène Deutsch un effet qui mérite d’être souligné : « Je reçus ce lien établi entre mon nom et celui des deux autres femmes, écrit-elle à ce sujet, comme une sorte de traumatisme. C’était une répétition de mon enfance, quand j’étais une sœur parmi trois. » (1)

Ainsi, Hélène Deutsch supporta mal cette concurrence et en conserva le souvenir d’une jalousie traumatique, à ne pas être la seule, voire l’unique dans l’appréciation de Freud.

Hélène Deutsch, qui était psychiatre, entreprit une analyse avec Freud, en août 1918, et ce, en même temps qu’elle devenait membre de la Société psychanalytique de Vienne. En 1919, alors qu’elle est toujours en analyse avec Freud, celui-ci lui demande de prendre Victor Tausk en analyse, un collègue bien plus expérimenté qu’elle. Trois mois après, toujours à la demande de Freud, elle interrompt l’analyse de Tausk. Ce dernier se suicidera en juillet 1919.

L’analyse d’Hélène Deutsch, quant à elle, prendra fin quelques mois plus tard, en automne. Freud qui la trouve peu névrosée,  ne semble pas, en effet, vouloir la garder, d’autant plus qu’il a besoin du temps qu’il lui consacre pour recevoir un patient qui deviendra le fameux cas de « L’homme aux loups ». C’est ce même patient qu’il proposera, à Ruth Mack Brunswick, de reprendre en analyse en 1926.

Hélène Deutsch retrouvera cependant le chemin de l’analyse, en 1923, avec Karl Abraham. En 1930, elle se rendra aux U.S.A, avec d’autres psychanalystes dont Rank, Rado, Alexander et Spitz. C’est à ce moment-là qu’elle rédigera un article sur l’homosexualité des femmes, et ce, avant la parution des deux articles de Freud sur la sexualité féminine. Enfin, elle émigrera aux U.S.A en 1935.

« La psychologie des femmes », qu’Hélène Deutsch publiera en 1944-1945, est un travail qui sera aussi éloigné de la psychanalyse, qu’elle l’est elle-même de Freud. Cette femme brillante aurait pu aller beaucoup plus loin, si elle ne s’était pas ainsi  écartée de cet interlocuteur essentiel pour elle. Elle ne désavouera toutefois jamais Freud et jouira, au contraire, de la réputation qu’elle gagna auprès de lui, notamment en ayant été remarquée pour son travail sur la féminité. Elle aurait voulu incarner une figure idéale de la psychanalyse, mais elle en quitta trop tôt la scène qui comptait vraiment, emportant avec elle un transfert plutôt douloureux, qui n’est pas sans rapport avec ses thèses sur le masochisme.

Dans son article sur la sexualité féminine, en 1931, Freud mentionne le travail d’Hélène Deutsch, intitulé « le masochisme féminin et sa relation avec la frigidité » (de 1929), qui fut une conférence qu’elle avait prononcée au congrès de 1929 à Oxford. Freud y souligne qu’Hélène Deutsch reconnaît l’activité phallique de la fille et son intense attachement à sa mère dont elle se détournera non sans hostilité. De ce détournement, il dit d’ailleurs que c’est «plus qu’un simple changement d’objet » (2). Il ajoute qu’Hélène Deutsch « indique aussi, que le fait de se tourner vers le père se produit par la voie de tendances passives (qui ont déjà été mises en action en relation avec la mère). » (3). Il remarque encore que, dans l’ouvrage de 1925, intitulé « Psychanalyse des fonctions sexuelles féminines », le premier livre d’Hélène Deutsch, « elle ne s’était pas encore dispensée d’appliquer aussi le schéma oedipien à la phase préoedipienne, elle avait donc interprété l’activité phallique de la fille comme une identification avec le père. » (4)

Venons-en maintenant aux cas relatés par Hélène Deutsch et qui font partie de son deuxième livre publié en 1930 : « La psychanalyse des névroses », lequel est paru en 1970 aux P.U.F. Cette édition est aujourd’hui épuisée. Grâce à l’initiative de Marie-Christine Hamon, des textes qui y figuraient ont pu être recueillis aux éditions du Seuil, dans la Collection du Champ freudien, sous le titre « Les introuvables ».

Ces deux cas de névrose obsessionnelle féminine sont exposés au cours de deux conférences, la neuvième et la dixième. Je traiterai essentiellement du premier, car il est suffisamment complexe, et si j’évoquerai le second, ce sera seulement pour marquer ce qui le distingue du premier.

En supposant que vous les ayez déjà lus, je vais en rappeler des éléments qui sont livrés au fur et à mesure du récit du cas. Ces éléments ou ces données sont bien sûr étroitement liés au choix du matériel que fait Hélène Deutsch, c’est-à-dire qu’ils indiquent son orientation doctrinale.

Dès les premières lignes du cas de la neuvième conférence, intitulée « Cérémonial obsessionnel et actes compulsifs », Hélène Deutsch tranche sur la question du diagnostic. On pourrait, en effet, être induit en erreur, à propos de ce cas, si l’on s’en tenait à l’état que la patiente présente, à savoir une stupeur catatonique. Or il s’agit non pas d’une psychose, mais d’une névrose, et nous suivrons Hélène Deutsch dans son diagnostic.

Cette femme, institutrice, catholique et pieuse, devenue novice dans un couvent, entreprend donc une analyse avec Hélène Deutsch qui n’en dit pas plus sur le début de cette cure. Elle mentionne seulement : « Après qu’un contact eut été établi » (5), ce qui laisse penser, sans que le mot ne soit évoqué, qu’il y a bien transfert, notamment quand on sait de quel symptôme souffre cette femme. Ce qui est remarquable, c’est qu’en effet cette analyse démarre sur une seule et unique pensée dont lui fait part cette patiente : « son corps ne devait pas être touché car il pouvait être sali par ce contact » (6). Le mot « saleté » signifie avant tout les choses sexuelles et pour ce qu’il en est de la main, il s’agit de ce qui est en contact direct avec celle-ci. Il était ainsi impossible de l’approcher. Elle restait allongée, dans son lit, les jambes serrées, les mains pétrifiées loin du corps. Même sa proche famille ne pouvait être introduite auprès d’elle qu’à la condition de se soumettre à des procédures de purification, et bien sûr de ne pas la toucher.

Hélène Deutsch a donc affaire à un cas grave, un état terminal ascétique, fait de restrictions de plus en plus grandes et ayant abouti à l’immobilité. On peut supposer qu’Hélène Deutsch se rendait auprès d’elle. Était-ce au couvent même ? Aucune indication ne nous est donnée à ce sujet.

Entrer au couvent est pour cette femme la solution qui s’offre à elle pour fuir la « saleté du monde souillé par le sexe ». Cependant,  même au couvent, elle ne s’en trouve point protégée : les visites du prêtre, les besoins élémentaires des nonnes, tout comme les siens, représentaient les mêmes dangers. Au contraire du phobique, pour lequel le danger est localisé dans l’objet phobique, dans le cas de cette femme, où qu’elle se trouve, le danger est présent. Il est dans sa pensée même.

Hélène Deutsch nous livre ainsi des repères qui ne sont pas tant des éléments de l’histoire de la patiente que des étapes de l’analyse où s’articule cette histoire. Il s’agirait d’une névrose infantile qui n’a pas pu être traitée dès son apparition et qui a évolué jusqu’à cet état où cette femme ne peut plus bouger.

Cette histoire va comporter deux moments :

Dans l’enfance d’abord, il est à noter une forte disposition sadique anale. L’enfant, est sujette à la constipation, éprouve du plaisir à déféquer et accorde un vif intérêt à ses selles. Par ailleurs, elle fait preuve de méchanceté et notamment à l’égard de ses frères et sœurs. Une expression de sa mère est à cet égard rapportée : « plus méchante que le plus méchant garçon. » (7)

Ensuite, dès ses dix ans, alors qu’elle est toujours occupée à ses jeux fécaux, elle commence à devenir méticuleuse et notamment sur des questions de rangement de la maison, quêtant par là les compliments de sa mère.

Jusqu’ici rien ne paraît inquiétant à l’entourage. Pour Hélène Deutsch, c’est d’ailleurs la preuve que le refoulement a eu lieu.

Nous allons voir ainsi tout le cas se dessiner autour de ces deux versants correspondant à ces deux moments, et qui n’iront qu’en s’accentuant jusqu’à ce qu’ils soient désignés comme les deux versants des symptômes de la patiente, à savoir comportant d’une part, un acte qui cherche à satisfaire une tendance inconsciente et, d’autre part, un acte qui vient contrer, corriger, annuler le premier.

Hélène Deutsch souligne néanmoins que la méticulosité et le désir d’être félicitée, indiquait déjà une hostilité de la petite fille à l’égard de la mère ainsi qu’un début de réaction de culpabilité.

La culpabilité, ou comme le formule Hélène Deutsch, le sentiment de culpabilité est omniprésent dans les cas en question, et je ferais remarquer que, dans la dernière partie de son article « Sur la sexualité féminine », quand Freud parle de la littérature psychanalytique qui traite de ce sujet et qu’il cite Hélène Deutsch et Jeanne Lampl de Groot, il mentionne que, dans ce domaine si difficile de la sexualité féminine, il est toujours valable de rapporter ses expériences propres et ses conceptions personnelles. « Il y a, de plus, beaucoup de points, poursuit-il, que j’ai précisés et que j’ai mieux isolés. Dans quelques-unes des autres études, l’exposition des faits est rendue confuse par la discussion simultanée des problèmes du surmoi et du sentiment de culpabilité. Cela je l’ai évité… » (8)

C’est justement à ces deux problèmes auxquels nous nous heurtons, à la lecture des deux cas d’Hélène Deutsch.

Pour revenir au premier cas, il y a un souvenir qui est rapporté par la patiente et qui concerne une nuit où elle se réveille dans un état d’angoisse : son frère de quelques années son aîné est couché sur elle. Précisons que la méticulosité dont elle faisait preuve, tournait aussi beaucoup autour de ce frère : elle surveillait notamment qu’il range bien ses affaires. Elle mentionnera à propos de ce qui était arrivé avec ce frère, que c’était de la faute de sa mère,  lui reprochant de ne pas avoir « mieux surveillé ses enfants. » (9)

Néanmoins, la patiente pensera avoir déformé ce souvenir, et qu’il ne s’agissait pas de son frère aîné mais de son petit frère dont elle avait la garde, et que c’est elle qui avait séduit ce dernier.

Sa mère lui interdisait en outre de se toucher - d’où les reproches et l’hostilité qu’elle avait formés à son endroit. Ainsi, le reproche de ne pas mieux surveiller ses enfants est ici réactivé par ce nouvel acte « interdit » commis sur le petit frère.

Pour Hélène Deutsch ce reproche, adressé à la mère, de ne pas faire assez attention veut plutôt dire le contraire, à savoir que la mère fait justement trop attention à la masturbation interdite. Elle ajoute que l’analyse montrera de nombreuses situations où la patiente imputera la faute à sa mère, plutôt que de se faire des reproches à elle-même.

La masturbation tout comme les symptômes infantiles concernant les jeux fécaux disparurent lorsqu’elle eut douze ans. Il se produisit alors un changement de caractère. Hélène Deutsch insiste sur ce point, en avançant que ce serait une phase typique de la vie de l’obsessionnel. Le caractère remplacerait dès lors les activités sadiques-anales. En d’autres termes, il s’agit d’une formation réactionnelle contre les tendances sadiques et anales refoulées. Le démon devint ainsi un ange.

Hélène Deutsch mentionne que la névrose pourrait s’arrêter là et que dans ce cas le changement de caractère n’est pas suivi de formations de symptômes. Le caractère prend alors la valeur d’une ponctuation voire d’une issue, et l’enfant ne devient pas névrosé, « l’individu reste en bonne santé, peut même être d’une grande valeur sociale et seul l’analyste reconnaît en lui un obsessionnel caché. » (10)

Comme on pourra le remarquer, Hélène Deutsch émet, au fil de ce cas, des énoncés doctrinaux distinctifs sur la névrose obsessionnelle, que je soulignerai au fur et à mesure.

Elle note encore que la capacité d’aimer, la liberté de mouvement de la libido reste pauvre chez ces personnes, car « …une grande partie de leur énergie psychique est utilisée pour maintenir la tension de la formation réactionnelle afin d’empêcher l’irruption du refoulé. » (11)

Cela est probable, dirais-je, si l’on s’en tient à l’homéostasie du moi ou sinon au narcissisme, mais je rappellerais que Lacan évoque aussi  « l’ambiguïté de la fonction de l’amour » (12), un amour idéalisé, que l’on retrouve dans toute observation un peu poussée de l’obsessionnel. Celui-ci engagerait quelque chose de lui dans cet amour et c’est ce que nous devrions chercher. Il entend que l’on aime de lui une certaine image. C’est ce qu’il donne, en l’occurrence à l’autre, et ce qui lui permet ainsi de se tenir à distance de lui-même. C’est à la fonction de cet amour altruiste, qu’a été adjointe la fameuse oblativité.

Or, c’est ce qui se produit chez cette patiente qui devient un ange et qui, pour Hélène Deutsch, sera le moment où va véritablement se déclarer  sa névrose, c’est-à-dire après la mort de son père, alors qu’elle a dix-sept ans. C’est là que l’action propre à la névrose obsessionnelle se développe, pour assumer le rôle du père, mais aussi celui de la mère, afin de s’occuper des enfants de celle-ci, c’est-à-dire ses six frères et sœurs. Bien entendu tout cela pourrait trouver une explication en termes oedipiens, comme le fait en partie Hélène Deutsch, sans trop s’y attarder toutefois, ce qui nous permet d’établir qu’il ne s’agit pas de psychose.

Ce qui est le plus frappant, c’est cet amour, cette tendresse exagérée qu’elle déploie à l’endroit de ses frères et sœurs, tout comme pour sa mère, jusqu’à éloigner celle-ci de ses enfants, sous le prétexte qu’elle a des ennuis de santé et qu’elle ne peut, par conséquent, plus s’en occuper.

La jeune fille prend donc tout en charge, et ce, au point qu’elle surveillera ces enfants sans arrêt. Cela confinera au sacrifice, un sacrifice qu’elle imposera aux autres dont elle se charge. Elle ira jusqu’à vouloir donner un père à ses frères et sœurs et envisagera, dans ce but, d’épouser un homme riche, plus âgé qu’elle, alors que, par ailleurs, elle en aime un  plus jeune mais pauvre. Ce qui n’est pas sans nous évoquer la problématique de l’Homme aux rats.

C’est donc au moment où elle prend la décision de se marier que sa névrose se déclenche, et notamment avec un cérémonial du coucher : elle se lève la nuit sans arrêt, pour vérifier que les enfants dorment, qu’ils sont bien couverts et n’ont pas de fièvre.

Hélène Deutsch nous donne alors cette interprétation : il s’agit d’une haine inconsciente qui irait jusqu’à un désir de mort contre les enfants. Le cérémonial du coucher lui permet de se défendre de ce désir. On peut également avancer que ces enfants furent ce qui s’était mis entre elle et cette mère avec laquelle elle avait des rapports alternant de l’amour à la haine, et qu’ils furent ainsi l’objet de souhaits inconscients de mort.

Ainsi, Hélène Deutsch met bien en valeur le sadisme, la haine et la destruction qui couvent sous l’amour exalté. Elle s’intéresse cependant, et avant tout, aux symptômes qui ont, comme je l’ai déjà formulé, un double sens, c’est-à-dire la satisfaction d’une tendance inconsciente qui est contrée par une action compulsive pour l’effacer.

Elle réquisitionne donc les enfants de sa mère et de son père, et qui prennent à ce titre une signification phallique. Ils sont pour elle des objets « phallicisés », parmi lesquels se trouve l’enfant séduit dans l’enfance, et sur lesquels elle veille jusqu’à les surveiller.

Fort heureusement, il y a d’autres objets, plus insignifiants, qui vont prendre le relais pour qu’elle leur accorde ses soins, et entrer ainsi en équivalence avec les enfants. Pour Hélène Deutsch, ils vont représenter ces derniers.

Ces objets, la jeune fille les comptera, les mettra sous sa couverture, dans son lit. Elle se couchera à côté, dans ce qu’il lui restera de place, c’est-à-dire dans une position très inconfortable.

Ici, encore nous avons un nouvel énoncé sur les caractéristiques de la névrose obsessionnelle :

« Un tel déplacement, écrit Hélène Deutsch, de l’objet originel sur un objet insignifiant est caractéristique de la névrose obsessionnelle » (13).

L’objet originel est bien, en effet, ce qui nous interroge ici. Est-ce l’enfant ? Est-ce l’objet anal ? L’objet cause est bel et bien recouvert par des objets insignifiants, et l’on voit bien que le sadisme du sujet finit par virer vers une forme de masochisme. Elle s’occupe de ces objets, les sort de leur cachette, les lave, les manipule, les compte, pour rendre non advenu l’acte précédent qui consistait à les enterrer sous la couverture. C’est encore là qu’Hélène Deutsch parle de culpabilité, ce qui brouille la question.

Dans ces symptômes, il y a certes l’objet anal, son intérêt premier, ces matières fécales que toute petite elle touchait, manipulait, et qui concentraient son intérêt telle une jouissance primitive. N’oublions pas qu’à la phase terminale de sa névrose, son symptôme majeur, celui auquel a abouti sa névrose, c’est la pétrification, soit de ne pas être touchée.

Ces actes, comme le soulignait Philippe La Sagna dans sa conférence sur l’obsessionnel, la conduisent à une ronde infernale des objets, ce qui est aussi un combat sans fin. On peut ainsi saisir pourquoi un sujet obsessionnel peut se trouver épuisé.

La jeune fille, en fin de compte, ne se mariera pas, ce qui aggravera ses symptômes qui la mettront ainsi dans une douloureuse dépendance. Dès qu’une décision est à prendre ou un acte à faire, tels que se marier, se séparer, les symptômes s’exacerbent. Hélène Deutsch parle même de « délire de toucher » (14), lequel ferait écran à  un désir de toucher :

  • au départ, ses propres organes génitaux ou matières fécales, ce qui lui est interdit par sa mère,  
  • ensuite, son petit frère, avec un interdit tout aussi présent et sous-jacent au « ne pas surveiller assez »,
  • à quoi s’ajoute, l’envie de lever la main sur son entourage,
  • mais aussi de se laver les mains, au sens propre, et précisément après avoir touché ses organes, comme au sens figuré, c’est-à-dire s’en laver les mains ou, en d’autres termes, être innocente.

L’interdit l’emporte donc, souligne Hélène Deutsch. Elle désirerait toucher, mais elle n’a pas le droit de le faire. Toute chose étant susceptible d’avoir été souillée, elle s’interdit donc d’y toucher et devient elle-même intouchable. A présent, le « délire de toucher » consiste en un cérémonial qui contre le désir de toucher. Ainsi, touche-t-elle les objets un certain nombre de fois, dans un ordre précis, puis se lave les mains le même nombre de fois, recommence à  toucher les objets, se lave à nouveau les mains, jusqu’à ce que, épuisée, elle se couche bordée hermétiquement par une couverture autour de son corps.

Le terme d’angoisse apparaîtra à cette occasion, sous la plume d’Hélène Deutsch, soit après qu’elle ait parlé de délire de toucher. Cette angoisse de toucher se transformera en une phobie transitoire de la syphilis.

C’est sur ce point, à mon sens intéressant,  que je vous invite à nous arrêter,  celui où le regard qui semble plus ou moins absent dans l’histoire, fait surface.

Ce n’est pas mis en relief par Hélène Deutsch et il y aurait beaucoup de choses qui mériteraient d’être relevées dans ce cas, mais comme il faut choisir, je retiendrais ce qui concerne le regard, eu égard à la question de l’objet à laquelle nous accordons une attention particulière.

Il y a bien sûr le regard de la mère qui surveille trop et ne voit pas ce qu’il y a à voir, en l’occurrence l’acte de séduction de la petite fille sur son petit frère. Mais avant de développer plus ce point, je dirais qu’il existe chez cette patiente une séparation entre le contenu conscient, ses souvenirs concernant  ses méfaits de l’enfance, et l’affect.

Le mérite et le talent d’Hélène Deutsch résident en ceci, qu’elle s’intéresse à ce qui se présente comme étant conscient mais sans sa charge affective, et qu’elle en déduit qu’il y a quelque chose qui demeure inconscient. C’est, dirais-je, ce qui faisait dire à Freud que la névrose obsessionnelle était un dialecte de l’hystérie, c’est-à-dire un langage plus apparenté à l’expression de notre pensée consciente que cette dernière.

Hélène Deutsch formule, à ce sujet, qu’ « Une telle séparation entre un contenu de la conscience et son composant affectif est également très caractéristique de la névrose obsessionnelle » (15), ce qui constitue une nouvelle ponctuation sur les caractéristiques de la névrose obsessionnelle. Je vous rappelle que dans le « Séminaire sur l’angoisse », Lacan avance que Freud veut restituer l’affect à partir de l’objet véritable, c’est-à-dire l’objet d’angoisse, l’objet cause, lequel n’a pas de représentation.

Ainsi, la patiente pourra-t-elle établir un lien entre la compulsion de toucher et les évènements de l’enfance.

 Le jeune frère qu’elle avait séduit, avait été atteint de syphilis à l’âge adulte. Par ailleurs, sa mère lui avait dit, alors qu’elle était enfant, que si l’on se touchait les yeux, après s’être touché les organes génitaux, cela rendrait aveugle. Ce n’est donc que plus tard qu’elle apprit que la syphilis rendait aveugles ceux qui étaient atteints de cette maladie. Or il se produisit un événement tragique : son frère se suicida. C’est à partir de là qu’elle développa l’idée obsessionnelle d’avoir attrapé la syphilis et que, « d’une façon ou d’une autre», son frère l’aurait eue par sa faute.

Hélène Deutsch précise ainsi que, pour sa patiente, il était resté inconscient que les remarques de sa mère étaient un interdit portant sur la masturbation. Cette dernière, semble-t-il, ne s’était jamais exprimée clairement,  sur ce sujet.

L’analyse lui permit d’éclaircir ce qui était en question dans sa phobie de la syphilis, mais ici, une fois de plus, Hélène Deutsch parle de sentiment de culpabilité, et ce, tant par rapport à la masturbation que par rapport à la maladie du frère et partant à la séduction dont celui-ci avait été l’objet. Je dirais que le sentiment de culpabilité prend ici la place de la cause de l’angoisse, en d’autres termes de l’objet d’angoisse.

Il y a encore d’autres évènements importants, ceux, par exemple, qui concernent la mort de la mère, alors qu’elle avait dix-huit ans, c’est-à-dire deux ans après celle de son père. D’autres symptômes se forment à ce moment-là. Elle avait pris soin de sa mère malade et un nouveau cérémonial était apparu après la mort de celle-ci, provoquant une insomnie de plusieurs semaines. Elle devait vérifier toute la nuit et toutes les heures, si la porte était bien fermée,  à l’instar des vérifications qu’elle prodiguait sur ses frères et sœurs.

L’analyse lui montra aussi qu’elle épiait à la porte de la chambre de ses parents, ce qui lui permettait de vérifier qu’elle pouvait tranquillement se livrer à ses actes de masturbation. Nous verrons ici qu’il s’agit d’une explication qui reste très oedipienne.

Il y a une autre interprétation, celle qui est liée à la veille de sa mère malade et des soins qu’elle lui donnait en suivant à la lettre les prescriptions médicales, de crainte de faillir et de la faire mourir, et qui la renverra à la haine éprouvée à son égard.

Elle s’interdisait ainsi, depuis sa mort, de dormir, de peur de ne pas pouvoir ouvrir les yeux le lendemain, c’est-à-dire, comme le mentionne Hélène Deutsch, d’être aveugle. La menace de la mère poursuivait son effet,  et elle ne devait pas dormir pour contrer son désir de masturbation, à savoir de se toucher. C’est donc pour éviter l’objet d’angoisse qu’elle se livrait à de tels cérémonials.

Il n’y a qu’un passage, où Hélène Deutsch parle d’une intervention concernant l’angoisse, c’est quand elle note que : « Si la patiente essayait, spontanément ou sur mon conseil, de réprimer des actions compulsives, elle se sentait fortement oppressée et cet état s’intensifiait jusqu’à l’angoisse. » (16).

Ces compulsions ou cérémonials la protégeaient, par conséquent, de l’angoisse. Mais l’analyste définit l’angoisse à partir du Surmoi, ce que, comme je l’ai déjà souligné, Freud critiquait. Elle établit, en outre, une distinction entre l’élaboration névrotique et la phobie, à savoir que dans l’élaboration névrotique, l’angoisse est le résultat d’une menace interne émanant du surmoi. Mais elle en fait aussi, paradoxalement,  le « succès d’un avertissement adressé au moi », (17) qui affranchirait de l’angoisse, à condition qu’il y ait un renoncement pulsionnel. Nous voyons que là où Freud, à cette époque, essaie de ne point s’encombrer du surmoi, c’est-à-dire de sa deuxième topique, Hélène Deutsch y reste accrochée, et bien qu’elle distingue, grâce à sa rigueur, la question de l’angoisse, de celle de la phobie.

Elle avance ensuite que les symptômes obsessionnels de la patiente lui apportèrent un affranchissement permanent de l’angoisse, et qu’en ce sens ils eurent plus de succès qu’une phobie. On peut s’interroger pourquoi ce qu’elle dit de l’angoisse ne lui permit pas de plus s’orienter vers la question de l’objet. Il faut dire que, même si cela lui est proche, il aura fallu l’enseignement de Lacan pour que nous puissions, aujourd’hui, l’articuler comme tel.

L’analyse libéra cette patiente de ses souffrances, mais elle ne parvint pas à lui donner le plaisir de vivre et de libérer sa sexualité refoulée, comme le note Hélène Deutsch. Elle vécut donc en ascète et devint religieuse.

La question de la jouissance de l’objet concerné, du rien en l’occurrence, n’est pas ici posée, mais nous pouvons le pointer. Elle devint nonne et la religion fut « pour elle une sublimation réussie » (18), et ce, d’autant qu’elle pouvait prier et se livrer à des rituels qui remplacèrent ses anciens cérémonials. La patiente s’avéra ainsi tout à fait satisfaite du résultat de son analyse.

Hélène Deutsch se demande alors  ce qu’il en est du côté de l’analyste.

Lui aussi, répond-elle, « doit parfois se contenter d’avoir pu trouver pour son patient des conditions de vie qui conviennent à ses capacités d’adaptation» (19), où l’on voit que sa conception n’est pas tant que le sujet adapte son moi au monde, mais bien qu’il ait pu découvrir, grâce à l’analyse, des conditions de vie qui répondent à ce qu’il est.

Pour ce qu’il en est du deuxième cas maintenant, je n’en relèverai que quelques points, malgré l’intérêt qu’il recèle. A la différence du précédent, Hélène Deutsch y parle de transfert. C’est aussi un traitement qui fut court et s’acheva sur une réussite.

Il s’agit d’une jeune femme qui a une pensée obsédante, apparue brutalement depuis deux ans, lors d’un réveil, avec le sentiment d’avoir rêvé que son fiancé était mort. Un an plus tard, ses fiançailles étaient rompues.

Sans entrer trop dans les détails, la cure qui dura six mois fit disparaître complètement cette pensée qui était accompagnée des pires reproches que la jeune femme se faisait. Ce rêve que son « fiancé était mort » allait, selon elle, la poursuivre, ce qui pour l’analyste signifiait : «  Je n’en finirai jamais avec ce désir, car il est trop violent » (20).

L’analyse montra, malgré l’absence d’autre symptôme, que dans ses sixième et septième années la petite fille avait éprouvé une angoisse intense, au sujet d’une maladie bénigne de son père et qu’il s’agissait déjà d’un vœu de mort à l’endroit de celui-ci, suite à la déception amoureuse qu’elle subit de sa part. Elle perdit, en effet, sa mère alors qu’elle avait deux ans et son père se remaria deux ans après. Elle ne devint pas pour autant névrosée, alors même que la névrose obsessionnelle se déclenche à cette période de l’enfance. Contrairement au cas précédent, la névrose est ici saisie in statu nascendi, à l’âge adulte.

C’est un cas où l’angoisse est fort présente et où les organes masculins font l’objet d’obsessions, à l’instar des cas de Maurice Bouvet que commenta Lacan. La patiente souffre aussi d’une « jalousie violente mais non fondée», déclenchée par un certain type de femmes qui ne correspond cependant en rien au goût du fiancé.

Hélène Deutsch note aussi ce qui relève d’une homosexualité inconsciente, mêlée à des tendances sadiques refoulées. Ses obsessions concernant les hommes lui servaient à réprimer cette homosexualité et c’est le transfert qui permit de mettre au jour ce conflit inconscient.

Ce qui est aussi mis en relief dans ce cas, c’est la question du caractère. Celui-ci est ce qui reste malgré l’analyse. Hélène Deutsch insiste beaucoup sur le caractère de l’obsessionnel, dont certaines particularités sont des formations réactionnelles qui s’expriment «  en même temps que les symptômes ou même sans formation de symptômes » (21), pour se protéger du sentiment de culpabilité, qu’elle convoque à nouveau.

Je dirais, en effet, qu’il y a quelque chose dans le caractère qui revient à la même place, tel un réel, et que c’est ce qui  ne change pas chez un sujet. Les symptômes peuvent s’estomper voire disparaître, mais pas le caractère.

Hélène Deutsch reviendra ici  sur la formation du symptôme en deux temps, ainsi qu’elle le développa pour le premier cas, comme étant typique de la névrose obsessionnelle, c’est-à-dire d’un côté les tendances érotiques (sadiques) qui aspirent à la satisfaction et, de l’autre, celles qui interdisent, s’opposent, démentent cette satisfaction. Elle ajoutera que ces deux temps, entrent en action l’un après l’autre et non en même temps.

Ainsi, pour Hélène Deutsch, le combat livré donnerait lieu à deux types de névrosés obsessionnels. Pour les uns, le combat se tiendrait dans la rumination obsédante, la pensée,  ce qu’il en est de ce deuxième cas ; et pour les autres, il résiderait dans l’action, c’est-à-dire la compulsion, comme il en allait dans le premier cas, ce qui paradoxalement aboutissait à l’inaction voire à l’immobilisme total.

Je remarquerais toutefois que le premier cas commençait bien sur une pensée unique que je rappelle : «  son corps ne devait pas être touché, car il pouvait être sali par ce contact ». La pensée est donc aussi centrale dans le cas de cette névrose.

Pour conclure maintenant, et comme j’ai commencé cette conférence en parlant de Freud et de l’intérêt que celui-ci avait porté à Hélène Deutsch, je finirai sur ce que Lacan a pu dire, de son côté, de cette analyste.

Je me référerai ici au séminaire de 1958, où Lacan remarque qu’elle reprend ce que Freud élabore quant à la phase phallique chez la femme, mais qu’elle s’intéresse surtout à ce qu’elle pose comme étant constitutif de la position féminine, à savoir la position masochiste.

C’est ce qu’elle avance concernant le premier cas, quand elle note qu’il y a d’abord le sadisme et que peu à peu il se produit, chez cette femme, une orientation vers le masochisme, jusqu’à faire de sa vie un véritable enfer.

Sur le plan du masochisme féminin, ni Freud, ni Lacan ne rejoignent la thèse d’Hélène Deutsch. Par contre, Lacan trouve qu’il vaut la peine de s’arrêter sur ce que celle-ci dit de la jouissance clitoridienne, même si cela paraît paradoxal.

Hélène Deutsch considère, en effet, qu’une femme peut se dire satisfaite, et de façon accomplie, sans que rien de névrotique n’apparaisse et « sans qu’intervienne pour elle, sous nulle forme bien marquée, la satisfaction proprement génitale ». (22)

Dès lors, une femme trouverait à se satisfaire dans sa relation à ses enfants, lors de ses grossesses, dans le nourrissage, bref dans tout ce qui se rapporterait à la position maternelle.

L’on sait, à ce propos, la place qu’occupait, pour Hélène Deutsch, son fils Martin lequel fit l’objet de son premier texte intitulé : « Premier chagrin d’amour d’un petit garçon de deux ans ».

Concernant la satisfaction génitale chez la femme, Hélène Deutsch la pose comme étant liée à la dialectique de la privation phallique. En ce sens, elle préconise que chez des sujets féminins ayant des identifications masculines, il est recommandé de ne pas les en défaire, en poussant trop avant l’analyse, par exemple, car cela les frustrerait de ce qu’ils ont pu atteindre de jouissance sur le plan génital. Comme le relève Lacan, pour cette analyste il ne faut point, en effet, mettre le sujet en position de perte par rapport à la jouissance conquise avant l’analyse et qui s’avère en rapport avec la dialectique même de ses identifications.

En d’autres termes, il s’agirait de laisser au sujet « le pénis de ses identifications, plus ou moins réussies, mais qui lui sont au moins acquises » (23). Si tel n’était pas le cas, ce serait la frustration qui prendrait le dessus et partant une fixation au Penisneid.

« Ça vaut ce que ça vaut » pour Lacan et, de la part d’une analyste qui  n’est pas  dénuée d’expérience, c’est « à ce titre – à ce seul titre – que cela mérite d’être maintenu dans la question ». (24)

Nous pourrions dire que, pour Hélène Deutsch, l’élément majeur de la satisfaction féminine réside dans un au-delà de la relation génitale comme telle et qu’il peut ainsi y avoir d’autres satisfactions phalliques que la satisfaction relative au rapport sexuel.

Elle ouvre, de la sorte, la question de la jouissance féminine, telle que Lacan la développera plus tard dans son Séminaire Encore, en 1972-1973, à savoir qu’il y a une jouissance féminine supplémentaire, au-delà du phallus.

En 1958, Lacan mettait l’accent sur ce qu’Hélène Deutsch dit du plaisir préliminaire, en tant qu’il est plus accentué chez la femme que chez l’homme. Toutes sortes de questions se soulèvent à partir de là et telles que nous les retrouverons développées dans l’article de Lacan, intitulé « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », et justement à propos de ce qu’il formulait déjà, en 1958, comme problème, quand on parle de la jouissance féminine, vu ce que «  nous savons physiologiquement de l’absence d’une organisation  nerveuse directement faite pour provoquer la volupté dans la vagin ». (25)

Ainsi, à partir de la lecture qu’il fait d’Hélène Deutsch, lors de son séminaire de 1958, « la revendication phallique, comme l’identification au père compliquée de la relation de la femme à son objet ne serait ainsi que l’élaboration signifiante de ce plaisir préliminaire à quoi se trouvent empruntées les satisfactions qui se produisent dans l’acte génital ». (26)

C’est dans son Séminaire Encore de 1972-1973 que Lacan posera bien, en effet, l’accès à une jouissance féminine qui n’est pas l’équivalent de la jouissance phallique, mais, comme nous l’avons déjà pointé plus avant, son au-delà, ce qui veut dire qu’elle n’existe pas sans le phallus ou plutôt la fonction phallique  comme base commune à l’homme comme à la femme.

En bref, ce qui se produit dans l’acte sexuel est emprunté au plaisir préliminaire et, lorsque Lacan parle de la relation de la femme à son objet, il ne s’agit pas d’un objet réel, mais d’un objet symbolique tel que le phallus. Elle peut ainsi le trouver ailleurs, et notamment chez son partenaire, ce qui fait que si elle en est privée réellement, elle n’en est pas pour autant frustrée.

En ce sens, Hélène Deutsch a raison de parler de privation à propos de la femme qui n’est pas concernée réellement par la castration, ce que Lacan souligne dans le texte des « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », et dont une phrase trouve à s’éclairer à partir de ce qu’il notait en 1958, concernant Hélène Deutsch : « Dès lors c’est de cet incube idéal qu’une réceptivité d’étreinte a à se reporter en sensibilité de gaine sur le pénis ». (27)

Ce qu’articule cette phrase, au prime abord complexe, se saisit, en effet, à la lumière de ce sur quoi  l’accent vient d’être mis, à savoir qu’il n’y a pas de jouissance pour la femme qui ressortirait de l’acte génital comme tel, sauf à considérer que cette étreinte et la réceptivité qui y est liée, en d’autres termes ce qui a trait au plaisir préliminaire, se reporte ainsi en sensibilité de gaine, laquelle se substitue ici au vagin, sur le pénis du partenaire.

Je terminerai ainsi sur cette phrase, en remarquant combien Lacan savait lire et recueillir ce qu’il y avait de précieux dans la littérature psychanalytique, notamment quand il s’agissait de femmes analystes abordant cette question difficile de la sexualité féminine et le pas immense qu’il lui a fait faire .

Hélène Deutsch faisait donc partie de ces analystes qui ont contribué à ce que la psychanalyse soit vivante et foisonne de problèmes à résoudre. La lecture de ses cas de névrose obsessionnelle féminine nous dévoile bien la marque de la vivacité et de la fraîcheur qui étaient les siennes, au moment de leur rédaction.

Lilia Mahjoub

 

(1) Deutsch H., Autobiographie, Paris, Mercure de France, 1986, p. 171.

(2) Freud S., « Sur le sexualité féminine », La vie sexuelle, Paris, Presses Universitaires de France, 1969, p.151.

(3) Freud S., Ibid., p.153.

(4) Freud S., Ibid., p.153.

(5) Deutsch H., « Cérémonial obsessionnel et actes compulsifs », Les introuvables, Paris, Le Seuil, juin 2000, p.281.

(6) Deutsch H., Ibid., p.281.

(7) Deutsch H., Ibid., p.282. 

(8) Freud S., op.cit., p.152.

(9) Deutsch H., op.cit., p.283.

(10) Deutsch H., Ibid., p.284.

(11) Deutsch H., Ibid., p.284.

(12) Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Paris, Le Seuil, mai 2004, p.372

(13) Deutsch H., Ibid., p.286

(14) Deutsch H., Ibid., p.287.

(15) Deutsch H., Ibid., p.288.

(16) Deutsch H., Ibid., p.295.

(17) Deutsch H., Ibid., p.296.

(18) Deutsch H., Ibid., p.292.

(19) Deutsch H., Ibid., p.292

(20) Deutsch H., « Représentations obsédantes », Les Introuvables, Paris, Le Seuil, juin 2000, p. 301.

(21) Deutsch H., Ibid., p.307.

(22) Lacan J., Le Séminaire, livre V, Les Formations de l’inconscient, Paris, Le Seuil, mai 1998, p.298.

(23) Lacan J., Ibid., pp.298-299.

(24) Lacan J., Ibid., p.299.

(25) Lacan J., « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », Ecrits, Paris, 1966, Le Seuil.

(26) Lacan J., Le Séminaire ,livre V, Les Formations de l’inconscient, op.cit., p.299.

(27) Lacan J., « Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine », op.cit., p.733.