Conférence clinique du 29 mars 2007

 

Poursuivant notre série de conférences, Serge Cottet se propose de mettre à l’étude le jeudi 29 mars, la névrose obsessionnelle féminine.
Nous suivrons à cette occasion la lecture qu’il fait des classiques de la littérature analytique, en suivant notamment l’axe dégagé par Lacan à propos du cas présenté par Bouvet dans son article de 1950 intitulé Incidences thérapeutiques de la prise de conscience de l’envie de pénis dans la névrose obsessionnelle.
C’est une heureuse initiative d’aborder ce grand chapitre de la clinique, car la position féminine du sujet pris dans l’embrouille du symptôme obsessionnel décomplète le lieu commun rendant homologue toute femme à l’hystérique et prête à confusion, dans nombre des cas, avec la psychose.
Nous allons sans doute tirer un enseignement sur la façon singulière dont l’obsessionnelle «fait la folle», d’une part s’oupirant de l’Un, par le biais du symptôme, pour mieux masquer la contrebande de l’illimité de sa jouissance qui s’abrite dans les confins où la pensée joue sa partie avec l’impossible.
Esthela Solano-Suarez

A propos de la névrose obsessionnelle féminine
Serge Cottet

  • Conférences cliniques :: Apprendre Ă  lire la nĂ©vrose obsessionnelle
    Le 23 novembre 2006 ; puis les 25 janvier, 29 mars, 26 avril, 24 mai et 28 juin 2007.
    À 21h00, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

La nĂ©vrose obsessionnelle fĂ©minine donne lieu Ă  des difficultĂ©s de diagnostic et d’interprĂ©tation dès lors qu’on privilĂ©gie le comportement ritualisĂ©, les symptĂ´mes typiques, les dĂ©fenses, sur l’expĂ©rience subjective particulière.

Lacan notait Ă  propos de cette nĂ©vrose qu’un cas relevant de ce type n’enseignait rien sur un autre cas du mĂŞme type. On se demandera pourquoi, d’autant que les cas sont rares ou peu publiĂ©s et il manque le paradigme.

On voit des cliniciens hésiter sur la structure, tel Lagache dans son article sur le « Deuil pathologique » ou Karen Horney dans « la femme inhibée » ou Joan Rivière dans sa célèbre « mascarade féminine ». Quant au D.S.M., la N.O. y est purement et simplement éliminée au profit des T.O.C.

Dans les annĂ©es 50, M. Bouvet avait focalisĂ© l’intĂ©rĂŞt sur la relation d’objet dans une perspective kleinienne oĂą prĂ©valaient le prĂ©gĂ©nital et les fantasmes agressifs visant le phallus. Lacan a commentĂ© un de ces cas, en opposant le petit phi au grand Phi, dans le SĂ©minaire VIII. Il arrache l’agressivitĂ© du sujet Ă  l’imaginaire de la frustration pour rĂ©tablir les coordonnĂ©es signifiantes de l’insulte et de la dĂ©gradation de l’ Autre.

On pourra confronter ce cas Ă  d’autres variĂ©tĂ©s du dĂ©sir impossible notamment dans la confrontation du sujet avec la question de la maternitĂ©.

Serge Cottet