Le séminaire sur la lettre volée
Séminaire animé par Yasmine Grasser
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Étude des Lundis de l’ECF - 2006
Les lundis 6 novembre et 4 décembre 2006 ; puis 8 janvier, 5 février, 5 mars, 2 avril, 14 mai et 4 juin 2007.
À 21h15, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.
Nous avons isolé l’enjeu de notre étude : le dédoublement des fonctions de la lettre illustré dans la fable de Poe. Ici Joyce a été convoqué par Lacan : « a letter, a litter, une lettre, une ordure (É. p.25)». Prenant appui sur la leçon joycienne, Lacan produit alors un autre dédoublement qui déchiffre la lettre de Poe : un dessein, un destin (É. p.14, 40). C’est bien à dessein, pour se faire entendre de ses élèves, que Lacan usait des ressources de la langue. Joyce, lui, en se servant de l’écriture à des fins de jouissance, s’est fait un destin du langage. Ainsi donc, à partir du séminaire sur La lettre volée de Poe, et déjà pas sans Joyce, Lacan a posé les bases de sa doctrine de la lettre : un message, un objet. Le message recueille les effets de vérité dans l’ordre du langage. L‘objet présentifie le rendez-vous fatidique avec la jouissance. Tel est le « privilège » de la lettre à ce moment de l’enseignement de Lacan. Il faudra attendre vingt ans pour que, de la fréquentation de l’œuvre de Joyce, la doctrine de la lettre devienne une doctrine du symptôme et du sinthome.
Nous poursuivrons notre étude attentive des fonctions de la lettre ; plus spécialement nous nous intéresserons aux deux messages retransmis par le narrateur dans les deux dialogues du conte. Nous verrons en quoi ils s’opposent - « comme le mot à la parole » écrit Lacan (É. p.19), et quel profit il en a tiré pour les psychanalystes. D’après Michel Foucault, la littérature policière fait valoir la structure de l’affrontement entre deux esprits. Au-delà du rapport intersubjectif, Lacan nous fait prendre la mesure de la suprématie du signifiant dans le sujet.
L’interprétation du rêve de l’Injection faite à Irma éclairera l’au-delà de l’intersubjectivité.








