Le séminaire sur la lettre volée
Etude animée par Yasmine Grasser
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Étude des Lundis de l’ECF - 2006/2007
Les lundis 6 novembre et 4 décembre 2006 ; puis 8 janvier, 5 février, 5 mars, 2 avril, 21 mai et 2 juin 2007.
À 21h15, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.
Au terme de notre étude, et guidés par le commentaire de Lacan, la singulière tragédie de Poe nous a appris que la lettre tant comme symbole que comme objet d’un jeu de furet révèle à chacun la causalité que lui fait son inconscient. Que la lettre soit volée, cachée, maquillée, cherchée, reprise, substituée, vendue, il y a toujours la lettre, dissimulée dans une sorte de présence-absence qui fait taire, celui qui entre en sa possession. En ce sens, la remarque de Lacan, à savoir qu’une lettre arrive toujours à sa destination, se vérifie pour chacun des personnages du conte.
D’un point de vue clinique, le silence de la lettre « qui fait taire » révèle le drame intime qui noue le sujet à son sexe. Le cas d’une femme intellectuelle analysée par Joan Rivière a permis d’illustrer cliniquement cette incidence de la lettre dans la vie d’un sujet, qui venait en analyse avec quelques menues bizarreries concernant l’usage de sa féminité. Le pouvoir de la lettre sur le sujet signait son rapport à la jouissance. En ce sens, une fois lue et déchiffrée, nous avons pu développer que la lettre a un rapport étroit à la jouissance féminine, dont une femme ne peut rien dire.
Mais l’enjeu du séminaire sur La lettre volée n’est pas seulement pratique. Il est aussi théorique. La façon d’écrire les absences-présences (par exemple avec des plus et des moins pour noter la fonction de l’absence mise en jeu dans l’expérience par un analysant), permettait à Lacan, en 1955, de démontrer la dominance du symbolique sur le sujet. Dans son cours de cette année, et plusieurs fois, Jacques-Alain Miller a opposé le Tout Dernier Enseignement de Lacan à ce premier séminaire, du point de vue de la structure du langage sur laquelle il revient donc en 1977. J.-A. Miller disait le 16 mai dernier, je le cite : « Lacan, avait fait du Fort-da l’emblème, le mythe de l’entrée de l’individu dans l’ordre symbolique déjà -là »; et « Ce qui se perd, c’est la notion de détermination symbolique stricte ».
À partir de ces indications, nous reviendrons sur l’Introduction de Lacan dans son séminaire sur La lettre volée où se manifeste l’émergence de la détermination symbolique dans l’Enseignement de Lacan.








