Le séminaire sur la lettre volée
Etude animée par Yasmine Grasser
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Étude des Lundis de l’ECF - 2006
Les lundis 6 novembre et 4 décembre 2006 ; puis 8 janvier, 5 février, 5 mars, 2 avril, 14 mai et 4 juin 2007.
À 21h15, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.
Nous savions que Wolfgang Köhler, auteur de la Psychologie de la forme, s’affirmait dans son livre comme étant opposé au « phénomène subjectif ». Très critique à l’égard du behaviourisme et des introspectionnistes, il voulait imposer sa psychologie. Son livre se termine par ces mots : « il semble que la psychologie de la forme aura pour destin naturel de muer en biologie de la forme ». Köhler sera parvenu à ses fins comme le démontrera la synthèse de l’expertise collective de l’Inserm des « Troubles spécifiques des apprentissages (TSA) », mise en circulation sur le Net le 28 janvier 2007. En effet, la diffusion sur les chaînes télévisées de ce que signifiait l’apprentissage de la lecture pour un dyslexique nous a éclairé sur ce qu’il fallait entendre par : « biologie de la forme » : soit une théorie du déficit de la bonne forme à partir d’un déficit de la perception visuelle et auditive.
Lacan dans son « séminaire sur La lettre volée » a opposé la fonction unitaire de la « bonne forme » en tant que phénomène imaginaire à rejoindre comme idéal, à la prévalence de la « mauvaise forme », pas celle d’un déficit de forme, mais celle de la jouissance traumatique qui ne cesse de rattraper le sujet pour se faire reconnaître symboliquement.
On s’aperçoit donc que la théorie de l’apprentissage selon la psychologie de la bonne forme ouvre la dérive du vertige scientiste de l’homme moderne en quête de son modèle comme le démontre l’expertise de l’Inserm. À l’opposé, l’expérience d’une psychanalyse vérifie que le besoin de répétition fait valoir une syntaxe déterminante du sujet, lequel dès lors devra y mettre du sien pour remplir le programme traumatique inscrit dans son inconscient.
Si Lacan donc s’est intéressé à la cybernétique, c’est qu’il tenait à démontrer l’autonomie du symbolique par rapport à l’imaginaire. La cybernétique élimine l’imaginaire du symbolique. Le langage formel fonctionne dans le réel indépendamment de toute subjectivité. Aujourd’hui, l’emprise du monde virtuel fait valoir que le message, en tant que symbolique, véhiculé par la machine, s’incarne en partie dans l’imaginaire duquel le sujet tire du sens. D’où le succès des jeux de rôle sur la toile.
À l’époque, Lacan a médité ces distinctions à partir du jeu d’enfant du Fort-da lu dans l’Au-delà du principe de plaisir. Elles lui ont permis de construire son schéma L, à l’intention des analystes, pour qu’il servede support à l’analyse du symptôme, seul vrai partenaire du sujet dans la cure.
Nous étudierons cette construction du premier schéma de Lacan dans son Enseignement, et l’usage que nous pouvons faire de sa lettre dans notre pratique.








