Séminaire d'étude 2 :: 2007-2008

Etude du texte de Jacques Lacan : « variantes de la cure-type»
Séminaire animé par Yves-Claude Stavy

  • Étude des Mardis de l’ECF - 2007-2008
  • Cette étude se tiendra le 3ème mardi de chaque mois.
  • Soit les 20 novembre, 18 dĂ©cembre, 15 janvier, 19 fĂ©vrier, 18 mars, 15 avril, 20 mai et 17 juin.
  • À 21h15, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

« Une question chauve-souris : l’examiner au jour »

« Variantes de la cure type » : le titre ne fut pas choisi par Lacan. Il lui fut « imparti » pour la prestigieuse Encyclopédie médicochirurgicale, « en pendant à un autre, promouvant la rubrique encore inédite de cure-type ».

Nous sommes en 1953. Les textes étaient commandités par un « comité de psychanalystes de diverses tendances», en vue d’occuper une place de choix au sein des chapitres de l’EMC consacrés aux « méthodes thérapeutiques en psychiatrie» ( chapitres dont Henri Ey avait la responsabilité).

Imagine-t-on, cinquante ans plus tard, pareille offre?

Lacan accepta la proposition : « pour la tâche d’interroger ladite cure sur son fondement scientifique, le seul dont pût prendre effet ce que nous offrait un tel titre de référence implicite à une déviation ».

« Variantes de la cure type » parut en 1955… et fut retiré peu après. Contemporain de la première scission qui frappa l’ensemble de la communauté analytique, cet écrit de trente pages est un texte majeur du début de la période dite « classique » de l’enseignement de Lacan ; c’est aussi un texte d’une formidable modernité.

Notre premier rendez-vous portera sur le chapitre introductif, « Une question chauve- souris: l’examiner au jour »Ecrits, p. 323 à 329). Deux principes en guideront la lecture:

  • Tenir compte du moment dans l’enseignement de Lacan, en n’hésitant pas à nous référer à l’autre texte fondamental de 1953, « Fonction et champ de la parole et du langage» : « Il arrive que nos élèves se leurrent dans nos écrits de trouver “déjà là” ce à quoi notre enseignement nous a porté depuis. N’est-ce pas assez que ce qui est là n’en ait pas barré le chemin ?» (Lacan, « De nos antécédents», 1966 (E 67).

  • Recourir à une approche littérale de certains passages du texte. Déjà cette première phrase du chapitre : « …ce titre ( Variantes de la cure type) fait pléonasme, mais non pas simple : se pointant d’une contradiction, il n’en est pas moins boiteux ». Nous tenterons de dégager la rigueur logique de l’affirmation, sa portée subversive : en 1953 (cf. les termes de variantes, de variété, de variables, alors déclinés par Lacan); son devenir dans différents moments clés de la suite de l’enseignement de Lacan. Nous prendrons au sérieux le sous-titre - lui, choisi par Lacan -, sous lequel est écrit ce chapitre introductif (cf. la référence à la fable de La Fontaine La chauve souris et les deux belettes, plus grinçante qu’il n’y paraît) : en présentant le « principe d’extraterritorialité » comme celui « auquel il est aussi impossible au psychanalyste de renoncer, que de ne pas le dénier», Lacan ne se contente pas de railler « les postures d’insaisissable qu’a la chauve souris de la fable », adoptées par les psychanalystes vis-à-vis de la société : dès 1953, il lie les enjeux de la psychanalyse en extension, à ceux de la psychanalyse en intension; - « les critères thérapeutiques de la psychanalyse (avancés par les plumes les plus autorisés), s’évanouissant à mesure qu’on y appelle une référence théorique». Quelle est la portée d’une telle affirmation: en 1953?  A l’heure de la proposition pour la passe en 1967 ? En 1976, au moment du tout dernier enseignement de Lacan ? Trente ans plus tard, en 2007, à l’heure des CPCT et aussi, plus que jamais, de la passe : au moment où une guerre entreprise sur des critères scientistes, est menée au grand jour, contre la psychanalyse et son abord inédit du symptôme ?