Enseignements

Les soirées de psychanalyse appliquée :: 2006-2007

 
  • SoirĂ©es de psychanalyse appliquĂ©e
    Les jeudis 16 novembre, 21 décembre 2006, 18 janvier, 8 février, 8 mars, 31 mai et 21 juin 2007.
    À 21h15, au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

L’attention portée aujourd’hui aux effets thérapeutiques, n’altère en aucun cas la pratique analytique  en  dégradant son message. A quel que niveau que ce soit de l’ expérience, de la passe au CPCT, ces effets, voulus ou non, sont patents  tandis que  l’incurable reste articulable dans la doctrine de la fin d’analyse.

Cette logique relève d’abord de la psychanalyse pure : le sujet passe par des moments de chutes des identifications qui ne sont pas toujours soulageantes – l’angoisse pouvant ici revenir au premier plan -, et la traversée du fantasme, qui accentue ces moments de l’expérience qui mettent le sujet à nu, rend encore plus aigu le manque-à-être de ce dernier. Ceci va donc, tout au long de certaines périodes, contre le bien-être recherché par le sujet. Pour accompagner, voire pousser un analysant à franchir de tels moments, il y a du côté de l’analyste un calcul préalable comme conséquence de la responsabilité qu’il prend au titre de son désir. La guérison a beau être de surcroît, il importe que sa logique puisse être dépliée.

Ceci étant dit, qui constitue une expérience qui se déplace dans le cabinet du psychanalyste, ce dernier peut aussi appliquer la psychanalyse dans des lieux différents, à des sujets avec des âges et des structures diverses, à des symptômes infiniment variés dans leur présentation comme dans leur intensité. Dans tous ces cas de figure, notre boussole clinique ne saurait écarter la demande du sujet, en tant qu’elle se cristallise autour d’un «  se débarrasser de ce dont il souffre ». Il y a là, à chaque fois, une réponse possible qui n’est jamais la même, et il s’agit constamment d’inventer au plus près du cas.

Dans la psychanalyse appliquée d’orientation lacanienne donc, tout en donnant une place à la singularité du sujet, c’est-à-dire à ce qui de sa jouissance et de sa vérité contredit son désir, il s’agit bien de le soulager de ce qui pour lui, constitue un symptôme insupportable.

Ces demandes s’adressent, il est vrai, aussi bien à des cabinets privés qu’à des centres avec des spécificités diverses, mais ces derniers se trouvent sur des chemins qui ne sont pas toujours accessibles d’emblée au tout venant, en particulier quand le social pèse de toute sa dureté. Nous serons d’autant plus intéressés, dans les différents cas cliniques que nous écouterons par la manière dont le lieu pré-interprète.

Ces questions seront abordées, dans ce séminaire, tant à partir d’apports théoriques que de cas de collègues, et ce aussi bien qu’au titre de leur pratique dans différents centres d’accueil et de traitement orientés par la psychanalyse que au titre de leur pratique en libérale.

C’est à l’occasion de ce travail que nous tenterons de situer à partir de la casuistique en quoi notre pratique tout en étant « appliquée » reste analytique et non pas sous-analytique, voire psychothérapeutique.

Pour conclure l’année, nous solliciterons des AE pour qu’ils viennent témoigner tant des moments thérapeutiques dans leur cure que de moments anti-thérapeutiques.

Debora Rabinovich  et Serge Cottet