Le CPCT-Chabrol invite les CPCT
« Particularités du transfert et de l’interprétation dans la pratique du CPCT »
Séminaire animé par Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso
- Soirées de psychanalyse appliquée
- Première soirée le Jeudi 22 novembre à 21h 30.
- Puis les : 13 décembre, 31 janvier, 14 février, 13 mars, 29 mai et 12 juin.
- Au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.
Dans la perspective ouverte par Jacques-Alain Miller dans son cours « Le lieu et le lien » dans lequel il introduit l’idée de l’homogénéité intrinsèque entre la psychanalyse pure et appliquée, le CPCT a frayé une nouvelle voie mettant au travail l’intension de la psychanalyse pure dans la psychanalyse appliquée à la thérapeutique.
La globalisation du monde contemporain standardise les besoins, protocolise les rapports aux autres, formate les demandes, désubjectivant les sujets pour les réduire à l’état de consommateurs programmés aux plus de jouir du maître. La désinsertion, l’errance, la précarité, l’exclusion sont les symptômes majeurs de ce « laisser tomber » contemporain. Le CPCT, lui, accueille les jouissances singulières de ceux qui, dans ce prêt-à-jouir du monde capitaliste, n’y trouvent pas d’asile.
Le dispositif de consultations et traitement, le temps court et prédéterminé du traitement, la gratuité, l’adresse au CPCT comme lieu de psychanalyse et non pas à un analyste au singulier, sont des particularités qui nous obligent à préciser non seulement en quoi dans notre pratique au CPCT nous ne cédons pas sur ce qui fonde et oriente notre pratique analytique, et nous imposent de dégager les spécificités de notre action.
Pendant ces quatre années de travail, il s’est forgé une épistémologie propre à la pratique et à la clinique du CPCT. Le travail de recherche sur la clinique au CPCT est essentiellement centré sur la question de l’articulation du signifiant au réel, des modalités de son introduction par l’analyste et de son effet. Si l’expérience du CPCT est psychanalytique, c’est qu’elle s’oriente du réel et non pas du sens. La nécessité de la hâte implique une grande rigueur dans l’écoute. Dès les premiers entretiens, il faut tenter de repérer un au-delà de la demande, ou seulement de la plainte du sujet. Il s’agit d’approcher rapidement ce qu’il en est de la fixation de jouissance spécifique au sujet, tout du moins un trait qui en soit proche et qui puisse se déployer dans le cycle du traitement au CPCT. Et le mode de transfert au CPCT, est directement conditionné par « ce travail sur le réel en jeu », dans cette hâte « qui ne laisse ni le temps de la lecture du symptôme, ni celui du surgissement du signifiant du transfert » comme l’indique Dominique Laurent (« Quel transfert dans les traitements menés au CPCT », Lettre mensuelle n° 260).
En effet, selon l’orientation de Jacques-Alain Miller, à Barcelone, nous pouvons concevoir les traitements au CPCT comme des cycles au cours desquels quelque chose de l’insupportable pour le sujet peut être nommé. Quelque chose du réel peut être nommé par le signifiant qui relance le sujet dans son usage du langage, ou précisément comme le formule Lilia Mahjoub, (« Le vivier CPCT », Lettre mensuelle n° 259), il s’agit « d’une extraction de signifiants dont le sujet peut dès lors se servir dans son existence ».
Relancer la dynamique signifiante a un effet de ré-arrimage du sujet à un minimum de lien social, et ébauche ainsi la constitution d’un sinthome sinon du symptôme. C’est en ce sens que l’expérience du CPCT est en prise directe sur le social, sur la cité, et que nous pouvons parler d’un travail de « réinsertion symbolique ».
Cette année, nous inviterons des collègues de tous les CPCT afin de leur permettre de nous faire part de leur expérience, et d’échanger sur les particularités du transfert et des modes d’intervention des analystes dans les traitements au CPCT.
Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso








