Enseignements

Les soirées de psychanalyse appliquée :: 2007-2008

Le CPCT-Chabrol invite les CPCT
« Particularités du transfert et de l’interprétation dans la pratique du CPCT »
Séminaire animé par Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso

  • Soirées de psychanalyse appliquée
  • Première soirée le Jeudi 22 novembre à 21h 30.
  • Puis les : 13 décembre, 31 janvier, 14 février, 13 mars, 29 mai et 12 juin.
  • Au local - 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

Dans la perspective ouverte par Jacques-Alain Miller dans son cours « Le lieu et le lien » dans lequel il introduit l’idée de l’homogénéité intrinsèque entre la psychanalyse pure et appliquée, le CPCT a frayé une nouvelle voie mettant au travail l’intension de la psychanalyse pure dans la psychanalyse appliquée à la thérapeutique.

La globalisation du monde contemporain standardise les besoins, protocolise les rapports aux autres, formate les demandes, désubjectivant les sujets pour les réduire à l’état de consommateurs programmés aux plus de jouir du maître. La désinsertion, l’errance, la précarité, l’exclusion sont les symptômes majeurs de ce « laisser tomber » contemporain. Le CPCT, lui, accueille les jouissances singulières de ceux qui, dans ce prêt-à-jouir du monde capitaliste, n’y trouvent pas d’asile.

Le dispositif de consultations et traitement, le temps court et prédéterminé du traitement, la gratuité, l’adresse au CPCT comme lieu de psychanalyse et non pas à un analyste au singulier, sont des particularités qui nous obligent à préciser non seulement en quoi dans notre pratique au CPCT nous ne cédons pas sur ce qui fonde et oriente notre pratique analytique, et nous imposent de dégager les spécificités de notre action.

Pendant ces quatre années de travail, il s’est forgé une épistémologie propre à la pratique et à la clinique du CPCT. Le travail de recherche sur la clinique au CPCT est essentiellement centré sur la question de l’articulation du signifiant au réel, des modalités de son introduction par l’analyste et de son effet. Si l’expérience du CPCT est psychanalytique, c’est qu’elle s’oriente du réel et non pas du sens. La nécessité de la hâte implique une grande  rigueur dans l’écoute. Dès les premiers entretiens, il faut tenter de repérer un au-delà de la demande, ou seulement de la plainte du sujet. Il s’agit d’approcher rapidement ce qu’il en est de la fixation de jouissance spécifique au sujet, tout du moins un trait qui en soit proche et qui puisse se déployer dans le cycle du traitement au CPCT. Et le mode de transfert au CPCT, est directement conditionné par « ce travail sur le réel en jeu », dans cette hâte « qui ne laisse ni le temps de la lecture du symptôme, ni celui du surgissement du signifiant du transfert » comme l’indique Dominique Laurent (« Quel transfert dans les traitements menés au CPCT », Lettre mensuelle n° 260).

En effet, selon l’orientation de Jacques-Alain Miller, à Barcelone, nous pouvons concevoir les traitements au CPCT comme des cycles au cours desquels quelque chose de l’insupportable pour le sujet peut être nommé. Quelque chose du réel peut être nommé par le signifiant qui relance le sujet dans son usage du langage, ou précisément comme le formule Lilia Mahjoub, (« Le vivier CPCT », Lettre mensuelle n° 259), il s’agit « d’une extraction de signifiants dont le sujet peut dès lors se servir dans son existence ».

Relancer la dynamique signifiante a un effet de ré-arrimage du sujet à un minimum de lien social, et ébauche ainsi la constitution d’un sinthome sinon du symptôme. C’est en ce sens que l’expérience du CPCT est en prise directe sur le social, sur la cité, et que nous pouvons parler d’un travail de « réinsertion symbolique ».

Cette année, nous inviterons des collègues de tous les CPCT afin de leur permettre de nous faire part de leur expérience, et d’échanger sur les particularités du transfert et des modes d’intervention des analystes dans les traitements au CPCT.

Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso

Soirée du jeudi 29 mai 2008

Le CPCT-Chabrol invite les CPCT
« Particularités du transfert et de l’interprétation dans la pratique du CPCT Â»
Séminaire animé par Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso

  • Séminaire de Psychanalyse Appliquée
  • Les jeudis 22 novembre, 13 décembre, 31 janvier, 14 février, 13 mars, 29 mai et 12 juin.
  • À 21h15, 1, rue Huysmans, 75006 Paris.

 

Lors de notre dernière soirée du 13 mars, nous avons pu entendre Andres Borderías du CPCT-Madrid. Il nous a montré comment un homme “en errance dans la cité” a réussi après huit séances à s’inscrire dans un réseau de soins et d’assistance sociale, et comment deux opérations déterminantes de l’analyste : une nomination d’abord, “vous êtes un homme de lettres”, et l’indication faite ensuite au patient du lien entre sa certitude délirante et l’apparition de l’hallucination lui permirent d’accéder â une véritable réinsertion.
Dalila Arpin, du CPCT-Paris, présentait ensuite le cas d’un jeune homme, comédien, persécuté par son rapport de soumission à son metteur en scène. L’opération de l’analyste fut alors de lui permettre de se réapproprier “sa solution du théâtre”, première solution à laquelle il accordait de moins en moins de crédit, ce qui permit à son être, par le glissement signifiant d’être “comédien” à être “acteur”, de gagner un peu de consistance et d’apaiser sa persécution.
Nous avons mesuré comment, dans ces deux cas, et dans bien d’autres, les sujets se servent eux-mêmes de l’analyste pour changer leur position. Nous avons pu cerner aussi comment ce bougé quant au lien social a pour condition la mise en place d’un transfert, directement issu de l’écoute de l’analyste et de son authentification sinon de sa reconnaissance du point de jouissance présenté par le sujet. C’est ce qui a permis et déterminé l’efficacité de chacun de ces traitements.

Pour notre prochaine soirée, qui aura lieu le jeudi 29 mai, nous aurons l’occasion d’entendre Hilario Cid Vivas du CPCT Malaga et Pierre-Régis Forestier du CPCT Lyon.

Hilario Cid Vivas pour le CPCT Malaga :

Cpct- Conversation
Il s’appuiera sur les travaux du CIEN et sur l’expérience des Conversations cliniques au sein de l’AMP, pour montrer comment le Cpct-Málaga a inauguré un Projet expérimental, le Cpct-Conversation, et comment cette expérience a pour objectif d’aborder par le discours psychanalytique deux champs qui questionnent tous les discours, et même contemporains : ceux de l’éducation et de l’immigration.

Puis Pierre-Régis Forestier pour le CPCT Lyon :

Une bonne formule
Un jeune homme de 23 ans s’est présenté adressé par l’ANPE “parce qu’il bloquait sur ses démarches de recherche d’emploi”. Il se dit dépressif, et fera rapidement l’aveu d’une addiction au cannabis quotidienne et sans cesse croissante. Il eut une formulation très particulière reliée à la rechute d’une maladie grave apparue dans l’enfance pour laquelle le traitement avait permis une rémission d’une dizaine d’années : “sa capacité à vivre à l’horizontale”. Il s’agira de démontrer comment l’intervention de l’analyste a pu avoir valeur d’interprétation par la simple extraction d’un des dits du sujet touchant à sa modalité de sa jouissance, et comment elle a pu servir de point d’appui au passage au traitement.