Troisième Journée du Centre de la rue de Chabrol
Samedi 7 octobre 2006
De 10h à 17h30 – Accueil 9h
Mairie du 9e arrondissement – Salle Rossini - 6, rue Drouot – Paris
La violence fait l’actualité. Elle est dans tous les foyers via le petit écran (internet, télévision, jeux vidéo). Montrée en spectacle, montée en épingle, elle en devient banale d’être regardée à l’envi. Simultanément, elle inquiète et même traumatise quand, dans un déchaînement aveugle, elle frappe directement la personne ou son entourage. On réclame alors plus de sécurité : punir et prévenir jusqu’à l’anticiper dans les conduites de l’enfant.
D’un côté, il est attendu une rectification des comportements. La parole y est alors réduite à la fonction de produire des effets normatifs sur les sujets, et ainsi de restaurer les human relations. De l’autre, la parole des personnes est recueillie, analysée, interprétée pour prédire si le père est susceptible de recommencer son acte incestueux, si l’enfant agité se transformera en délinquant, si l’enfant battu deviendra un futur parent cogneur, si la victime d’un accident pourra reprendre le cours de sa vie, ou si un licencié se remettra au travail. Qu’elle soit agie ou subie, la violence est abordée par ce qui se voit et se mesure, sans la prise en compte de l’énonciation du sujet.
Or, la violence surgit en lieu et place de l’espace langagier. Elle ne dit pas mais bien plutôt court-circuite la parole désignant ainsi l’acte comme la manifestation d’un impossible à dire la béance au cœur de l’individu. Entre le silence et le blabla, il manque toujours un mot pour exprimer la difficulté d’être un homme ou une femme, de devenir un père ou une mère, de passer de l’enfance à l’âge adulte.
Le CPCT, orienté par la psychanalyse, ne recule pas devant ce paradoxe. Il s’appuie précisément sur la parole pour faire émerger les mots qui, pour chaque sujet, ont une valeur singulière et sont au principe organisateur de sa vie. Il s’agit de donner du poids à une parole qui échappe pour traduire la jouissance, le pulsionnel qui se retrouve, dans la violence, en panne de mots.
Cette troisième Journée du CPCT tentera avec ses partenaires politiques et médico-sociaux de mettre à l’épreuve ce pari de la psychanalyse aujourd’hui.








