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3ème conférence : Lien social et addictions, le 24 novembre à la Librairie Mollat à Bordeaux.

Détails

Date :
18 novembre
Heure :
15 h 00 min - 18 h 00 min
Catégories d’Évènement:
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Étiquettes Évènement :
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Lieu

Librairie Mollat, Bordeaux

Addictions et lien social

L’ACF Aquitania invite Pierre Sidon à son « séminaire des échanges »

Psychanalyste dans la civilisation, c’est dire deux choses. D’abord, qu’il y a un lien entre la psychanalyse et ce qui définit l’état d’une société. Dans un sens : que le mouvement de celle-ci influe sur la psychanalyse, sa pratique. Et dans l’autre : que la psychanalyse influe sur la société. Mais c’est dire aussi qu’il ne s’agit pas seulement d’une théorie, mais bien d’une discipline, et plus encore d’une discipline incarnée par une personne, en chair et en os : le psychanalyste. Ou plutôt : un psychanalyste.

Il s’agira donc du témoignage d’un engagement singulier, en l’occurrence de celui d’un professionnel, psychiatre, en cabinet et en institution : institution psychiatrique et institution dite « d’addictologie », institution qu’il dirige actuellement. Un cas de « collaboration » donc, comme l’indique ironiquement Lacan à-propos des travailleurs de la santé mentale. Il s’agit d’une gageure : est-il possible de tenir cette position orientée par la psychanalyse dans le Discours du Maître sans risquer la « débilité » inhérente à la confusion des discours ? Mais a contrario : est-il possible d’abandonner les institutions de soins à des gestionnaires seulement orientés par les principes sommaires de la biopolitique ?

Être psychanalyste dans la civilisation, c’est aider à supporter, partout où l’on va, la précarité singulière de l’humain menacée d’effacement par le progrès d’un certain discours : celui de la science. Nous aborderons quelques-unes de ces modalités de « nettoyage du parlêtre » comme l’exprime Jacques-Alain Miller, à–travers les questions du capitalisme et du lien social qui en découle, en particulier quant à la montée de la pulsion de mort, de sinistre actualité. Et si notre rôle est désormais politique, alors il faudra expliquer en quoi il s’agit néanmoins toujours de clinique. Le retour à la symptomatologie contemporaine des addictions, comparée à celle, surannée, des passions, nous en fournira certainement l’occasion.

Troisième conférence : 

À l’ère de l’individualisme démocratique, qui est l’ère de la science, l’addiction est la mesure du lien social de chacun. Or « le lien social, affirme Jacques-Alain Miller, c’est le symptôme »[1]. Il est donc possible de lire chaque symptôme en termes d’addiction, ce que la discipline qui se nomme addictologie profite chaque jour un peu plus au point de s’imaginer prendre la place d’une psychiatrie exsangue. En découle le succès du concept d’addiction sans substance. Mais ce concept comporte peu d’intérêt pour nous car pour Lacan, la substance c’est d’abord la substance jouissante, soit le corps. Dans le moment d’égarement des jouissances qui caractérise l’époque, nous évoquerons donc la consommation comme passion de l’âme et discuterons de ses variantes selon la mise en fonction de l’objet a pour chaque sujet. L’exemple d’une passion religieuse nous permettra d’en discuter une occurrence bien de l’époque et qui nous regarde. Les conséquences que nous tirerons ne seront pas sans lien avec la politique, une politique qu’on qualifiera de politique du parlêtre.

[1] Miller J.-A., in La conversation d’Arcachon, Le Paon, Agalma Editeur, diffusion Le Seuil, 1997, p. 193