… Lilia Mahjoub, Présidente de l’ECF

Sur le CPCT

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Nathalie Jaudel pour la LEL : Pourquoi l’ECF a-t-elle décidé de créer le CPCT ?

Lilia Mahjoub : Dans son « Acte de fondation », le docteur Lacan donnait déjà toute sa place à la psychanalyse appliquée. En 2002, sous l’impulsion de Jacques-Alain Miller, la décision a été prise par le Conseil de l’École de créer des centres de traitement par la psychanalyse, dans le contexte des débats sur les psychothérapies et d’un intérêt de plus en plus soutenu de l’ECF pour l’application de la psychanalyse en institution. La création du CPCT, c’est-à-dire d’un lieu pour la psychanalyse d’orientation lacanienne dans la cité, s’inscrit dans le fil de ce travail et relève du devoir de l’École d’offrir ses réponses aux diverses manifestations contemporaines du malaise dans la civilisation.

 

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NJ : Cela suppose la possibilité d’obtenir des effets thérapeutiques rapides tout en conservant une orientation analytique ?

LM : Oui en effet. La psychanalyse n’a pas seulement des effets dans une cure classique relevant de la psychanalyse pure, se terminant par la bascule de l’analysant à l’analyste, mais l’action analytique peut avoir des effets rapides dont on peut faire bénéficier, dans un cadre de gratuité, ceux qui ne s’avanceraient pas vers le domaine clos qu’est le cabinet de l’analyste. Une personne peut obtenir un allègement au regard de ce pourquoi elle est venue consulter. Il ne s’agit pas d’une action sociale ou thérapeutique mais d’un traitement analytique de la souffrance d’un sujet que quelques séances peuvent cerner de façon innovante pour celui-ci.

 

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NJ : Des modifications subjectives peuvent donc être obtenues en peu de temps ?

LM : Voilà ! C’est ce que l’on nomme « effet de sujet ». Le discours analytique peut produire une modification, qui déplace le sujet, son rapport à la souffrance, sa position dans la réalité. Cet effet, si petit soit-il, relève de la psychanalyse. Le réel rencontré peut se manifester encore et justifier pour certains de poursuivre un travail analytique. Son approche peut aussi permettre à d’autres de s’orienter dans la vie à partir d’un nouveau point de vue, éclairé. Lacan n’a jamais promu les idéaux et a nommé objet a ce qui reste à la fin d’une analyse comme irréductible. Considérant cet impossible, l’expérience des traitements rapides est concevable, à condition de rencontrer un tel discours.

Paris, 24 juillet 2006

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