Éditorial
Nouvelles de la rentrée à l’Ecole
Bob Dylan, qui ne manquait pas d’humour, remarquait, il y a un peu plus de quarante ans, que dans la musique folk il fallait cent personnes pour changer une ampoule.
Cent pour la changer et quatre-vingt dix neuf pour dire que c’était mieux avant !
Il en était évidemment de même pour la musique.
Le nouveau n’est pas toujours le bienvenu.
On veut du classique et chaque mouvement artistique novateur se remarque souvent au tollé qu’il déclenche. Aujourd’hui on se contente de dire en effet que « c’était mieux avant », à l’école par exemple ou dans la famille ; la nostalgie est là.
Lacan en 1955 dans son texte « Variantes de la cure-type » remarquait que dans la psychanalyse chaque innovation était accueillie par une question invariable et quasi « automatique » : la question de savoir « si l’on est encore là dans la psychanalyse ? ». Plus loin dans ce texte il notait que derrière le standard, soit la volonté de fixer des normes à la pratique analytique, il y avait le standing du psychanalyste.
Les Centres de consultations et de traitement psychanalytique gratuits ( CPCT ) qui se multiplient en France et en Europe semblent parfois inquiéter les tenants actuels du « standing » psychanalytique « old fashion ». Lacan opposait aux tenants du standard une phrase célèbre : «Une psychanalyse, type ou non, est la cure que l’on attend d’un psychanalyste ». Il ne reste plus qu’à définir le psychanalyste, ce qui a été le souci de Lacan avec la Passe. Ne se définit-il pas d’ailleurs avant tout à travers son action et son acte ?
Souvent, à propos du psychanalyste, on évoque, évidemment, la figure de Freud. Freud s’intéressait aux grands hommes, à ceux qui amenaient du nouveau : Moïse, bien sûr, mais aussi l’étrange Léonard de Vinci. Dans l’ouvrage de Freud consacré à Léonard court la question : qu’est ce que la curiosité intellectuelle et surtout quelles sont ses limites ?
Ce texte de Freud nous présente l’Unheimlich, étrangement inquiétant, qui est devenu depuis, dans notre civilisation, un « homeless concept » et surtout une école de pensée à part entière dans l’art et l’architecture. Il s’agit, en effet, aujourd’hui dans le domaine artistique d’étonner le spectateur ou le visiteur, de déjouer ses repères, en le dé-familiarisant par une torsion des lignes qui soit susceptible de le plonger dans cette « uncanny valley », que faisait valoir Masahiro Mori en 1970.
Ces deux textes, le Léonard de Freud et « Variantes de la cure type » de Lacan, feront l’objet de deux soirées d’études mensuelles à l’ECF, soirées qui se poursuivront dans l’année 2008.
Les Conférences cliniques porteront cette année sur la clinique de l’hystérie aujourd’hui et la soirée de psychanalyse appliquée sur l’interprétation dans la pratique des CPCT.
L’après-midi de rentrée des Cartels de l’ECF a pris pour thème l’objet a dans la clinique.
C’est le même objet a que nous retrouverons lors de la soirée bibliothèque où François Regnault accueillera Jo Attié pour son livre récemment paru sur Mallarmé.
Mais l’événement de cette rentrée est la parution aux éditions du Seuil, en novembre, du Séminaire, Livre XVIII de Jacques Lacan : D’un discours qui ne serait pas du semblant.
La Lettre en Ligne a interviewé à ce propos Jacques-Alain Miller qui nous livre une présentation formidable de ce livre à paraître et aussi de l’édition prochaine du « tout dernier enseignement de Lacan ».
P.L.S.
3 questions Ă …
… Jacques-Alain Miller
« L’achèvement du “SĂ©minaire de Jacques Lacan”, les 25 livres, est maintenant Ă l’horizon. J’ai longtemps cheminĂ© sans voir la fin, et maintenant je la vois. Je n’y suis pas encore, mais je la vois. J’ai achevĂ© 19 des 25, il m’en reste 6, bien avancĂ©s, mais qu’il me faut encore polir. J’emploie un verbe lunetier.
Vous aurez en novembre le SĂ©minaire… » Jacques-Alain Miller
- Lire les Réponses de Jacques-Alain Miller
Evénement
JournĂ©es d’Étude 2007
Les Journées d’Étude 2007, NOTRE SUJET SUPPOSÉ SAVOIR, Ses incidences cliniques, ses enjeux politiques, COMMENT FINISSENT LES ANALYSES, se tiendront les 6 et 7 octobre à Paris, au Palais des Congrès.
Les inscriptions en ligne seront fermées jeudi 4 octobre à minuit.
Il reste possible de s’inscrire sur place durant tout le week-end et toute la journée, à l’accueil, dès 8 heures ce samedi.
- Voir la page des Journées 2007
- La page de la bibliographie des JournĂ©es d’Étude 2007
L’orientation lacanienne
Rentrée des cartels 2007-2008
« Mais ensuite, Ă l’instar de la science physique, oĂą thĂ©orie ondulatoire et corpusculaire s’affrontent sans prĂ©valoir l’une sur l’autre, ne peut-on envisager la coexistence des deux cliniques, celle de la jouissance, continuiste et celle du signifiant, discrète, avec, pour chacune, son utilitĂ© propre ? Il nous… »Pierre Sidon
- En savoir plus : Rentrée des cartels 2007-2008
Enseignements
Conférences cliniques
« La névrose hystérique, hier et aujourd’hui » - Conférence animée par Marie-Hélène Brousse
« La nĂ©vrose hystĂ©rique est la partenaire historique de la psychanalyse. Freud s’est instruit Ă son discours, Lacan aussi, sans rĂ©pit, des premiers sĂ©minaires aux derniers. Qu’elle soit historique, ne la rend pas pour les analystes, au contraire des psychiatres du DSM, obsolète… »Marie-HĂ©lène Brousse
- Page des Conférences cliniques
Séminaire d’étude 1
« L’homme LĂ©onard, un souvenir, une vie » - Étude animĂ©e par Nathalie Georges-Lambrichs
« Les soirĂ©es des « Ă©tudes freudiennes » 2007-08 seront centrĂ©es par le texte de Freud de 1910 : Un souvenir d’enfance de LĂ©onard de Vinci. LĂ©onard de Vinci, celui après Dieu sur lequel on a le plus Ă©crit comme l’écrit Daniel Arasse dans son LĂ©onard de Vinci (Hazan, 2003), a donc rencontrĂ© Freud. Or, cette rencontre… »Nathalie Georges-Lambrichs
- Page du Séminaire 1, « Etudes freudiennes » 2007-08
Séminaire d’étude 2
« Etude du texte de Jacques Lacan : Variantes de la cure –type » - Étude animĂ©e par Yves-Claude Stavy
« Paru en 1955 dans l’EncyclopĂ©die mĂ©dico-chirurgicale, puis retirĂ© par ses commanditaires, “au compte du renouvellement ordinaire au maintien de l’actualitĂ© en cette sorte d’ouvrage”, cet Ă©crit de 1953 n’est pas seulement un texte majeur de la pĂ©riode “classique” de l’enseignement de Lacan; c’est un… »Yves-Claude Stavy
- Page du Séminaire 2
Soirée de psychanalyse appliquée
Le CPCT-Chabrol invite les CPCT : Particularités du transfert et de l’interprétation dans la pratique du CPCT - SoirĂ©e animĂ©e par Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso
« Relancer la dynamique signifiante a un effet de ré-arrimage du sujet à un minimum de lien social, et ébauche ainsi la constitution d’un sinthome sinon du symptôme. » Fabien Grasser et Victoria Horne-Reinoso
- Page de la Soirée de psychanalyse appliquée
Soirée de la bibliothèque
Soirée animée par François Regnault
Avec en invités : Jo Attié, membre de l’ECF; Bertrand Marchal, Professeur à l’Université de Reims; Florence Payros, comédienne; Pierre Chabert, comédien; Anne-Marie Le Mercier.
« Le mercredi 17 octobre MallarmĂ© sera "Notre objet". Celui, cause, de notre dĂ©sir, il n’y en a pas d’autre. Aussi bien nous parlerons de ses objets Ă lui… » Jo AttiĂ©
- Page de la Soirée du mercredi 17 octobre
Publications
La Cause freudienne 67
Alors que La lettre en ligne de juin vous a proposĂ© l’extrait d’un article de Bernard Lecoeur, Les appuis corporels de la lettre, la Lettre de juillet l’extrait d’un article d’Eric Laurent, Le style interprĂ©tatif de Gennie, et celle de septembre celui d’un article de Christine Le BoulengĂ©, Freud plus poppĂ©rien que Popper, nous vous offrons ce mois sa couverture et son sommaire.
Ce numéro de la Cause freudienne sera en vente lors des Journées d’Etude, à la librairie.
- Sommaire de la Cause freudienne n° 67, Tout le monde dĂ©lire
Lettre Mensuelle 261
« La fin de l’analyse et sa fleur de passe ne sont donc pas la fin du transfert ni la fin de l’amour ni celle des idéaux. Elle est… »Laure Naveau
« Du point de vue de l’imaginaire, la problématique du miroir, espace où la vie et la mort sont intrinsèquement nouées, jalonne l’œuvre du poète : posé comme « eau froide gelée par l’ennui » pour Hérodiade, il est à un moment pour Mallarmé lui-même, … »Henri Rey-Flaud
- Sommaire
- Au-delĂ de la passe, Laure Naveau
- Mallarmé avec Lacan - La langue suprême, Henri Rey-Flaud
- La Lettre Mensuelle est disponible sur ECF-Echoppe









