E d i t o r i a l
L’événement du mois d’avril est la tenue à Buenos Aires, du congrès de l’AMP (Association Mondiale de Psychanalyse), sur le thème « Les objets (a) dans l’expérience analytique ». En Argentine, la psychanalyse a pris son essor à partir des théories de Mélanie Klein, c’est-à -dire, plus particulièrement, de la psychanalyse des enfants.
Est-ce parce qu’elle s’adressait à celui qui découvre sa fragilité, à mesure même qu’il découvre le monde, et qu’elle lui est venue en aide, que la psychanalyse a résisté aux tourmentes politiques et à leurs conséquences économiques et sociales ?
Aujourd’hui, l’Argentine revendique le tiers des psychanalystes du monde entier. La prépondérance de l’enseignement de Lacan, à travers l’EOL et le champ freudien, y est indiscutable.
Le concept d’objet (a) chez Lacan n’est pas facile à définir, le registre de la définition n’appartient pas à la psychanalyse, pourtant, l’objet (a) a dans la psychanalyse une fonction, un statut. Son point de départ, si on voulait le rapporter à Freud, pourrait s’écrire : reste de la soustraction du principe de réalité au principe de plaisir. En termes lacaniens, il qualifie ce qui reste de jouissance, lorsque le signifiant s’empare d’une jouissance mythique supposée toute, pour la dire. Le fait qu’il soit articulé, réticulé, laisse entre les mailles, ce reste.
Ce reste, et c’est fondamental pour la psychanalyse, par rapport aux autres discours, n’est pas inerte, il est actif. Il fait lui-même partie de la prise de la parole sur la dite nature, et sur l’organisme pour faire de celui-ci, un corps. Ainsi, le sujet du signifiant devient, lesté de ce reste de jouissance, parlêtre, et c’est comme parlêtre qu’il entre dans les échanges avec le partenaire, avec l’autre, avec le corps de l’autre1. Cet objet qui n’est ni abstrait (idéal), ni concret (réalité), mais réel dans sa dynamique opératoire (liée à la pulsion et à sa satisfaction), a pu être appréhendé dès la plus petite enfance, dans la détresse du nourrisson. Plus tard, il le sera dans l’angoisse2 qui dans le manque signale sa présence ou plus exactement la nécessité que le sujet cerne cet objet, l’identifie, le reconnaisse pour faire place à ses réalisations. Mais, sa « nature » demeure complexe, elle est double, d’une part, les objets sont conçus comme prélèvements corporels, voix, regard, fecès, entrant dans les échanges avec l’autre, d’autre part, dans son statut de consistance logique donnant à ces échanges le sens et l’orientation du fantasme3. L’objet (a) donc, quelle que soit la structure, névrose ou psychose, occupe une place clé dans la vie d’un sujet. Il ordonne la jouissance, complexifie la satisfaction et permet ou inhibe la place que chacun occupe dans le monde. « Là où était » une jouissance paralysante, « advient un je » à travers l’objet (a) qu’il ne méconnaît plus.
Central dans la psychanalyse, ce thème « L’objet (a) dans l’expérience analytique » présenté par Jacques-Alain Miller, lors du cinquième congrès de l’AMP à Rome, en juillet 2006, nous conduit avec impatience et intérêt vers Buenos Aires, où nous attendons beaucoup des rencontres avec les psychanalystes du monde entier.
Francesca Biagi-Chai
1 Le thème des prochaines journées de l’Ecole de la Cause Freudienne est : « Le rapport sexuel au XXI ème siècle ».
2 Jacques Lacan, Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Seuil, mai 2004, référence importante de ce congrès.
3 Cf Jacques-Alain Miller : « Illuminations profanes », cours n°3, 23/11/2005 – Jacques Lacan, Le Séminaire XVI, D’un Autre à l’autre, Seuil, mars 2006.
Evénement
SoirĂ©e prĂ©paratoire des JournĂ©es 2008 de l’ECF : Le rapport sexuel au XXI° siècle
Cachés dans le Jardin d’Eden les amants ne sont jamais seuls. Une raison à cela, la relation sexuelle ne saurait se tenir à l’écart du monde. C’est comme au théâtre et même, précise Lacan, cela relève de la comédie, celle que met en scène le phallus. Interpréter pareille comédie suppose que les rôles soient tenus. Le sort réservé à cette interprétation est lié à une identification « au type idéal de son sexe » est-il spécifié dans La signification du phallus .
Mais qu’est-ce, au juste, que ce « type idéal » par les temps qui courent ?
- La page de la soirĂ©e prĂ©paratoire aux JournĂ©es 2008 de l’ECF
Les rendez-vous de formation du CPCT 2008
« À l’heure où des procédures de traitement standardisées sont préconisées pour remédier aux manifestations actuelles de ce que Freud avait appelé, non sans audace, "malaise dans la civilisation", le CPCT offre de maintenir, sous une forme originale, un accueil au cas par cas des formes de la souffrance subjective. Cette action, résolument psychanalytique et d’orientation lacanienne, n’en est pas moins susceptible d’être exposée, voire même évaluée, si l’on se donne la peine d’utiliser les outils qui conviennent.
Ainsi, en 2008, pour la troisième année consécutive, le CPCT propose trois rendez-vous de formation … »
- La page des RVF du CPCT 2008 :: 1er rendez-vous de formation le 12 avril
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Orientation lacanienne
Au CPCT-Paris, après quatre ans et demi !
« Les CPCT sont aux avant-postes de la Politique de l’Ecole quant à la diffusion de la psychanalyse appliquée. Rappelons qu’ils le sont pour une grande part grâce aux AE qui n’ont pas hésité à s’engager dans l’invention de cette application particulière de la psychanalyse pure dès les débuts du CPCT-Paris. Beaucoup de leurs… »Fabien Grasser
- Au CPCT-Paris, après quatre ans et demi !, Fabien Grasser
Enseignements
Orientation lacanienne
En avril, le cours de Jacques-Alain Miller aura lieu les :
les 2 et 9.
Le cours se tient au CNAM, 292, rue Saint Martin, 75003 Paris, de 13h30 à 15h30.
- Page de l’Orientation lacanienne
Conférences cliniques
« La névrose hystérique, hier et aujourd’hui »
- Conférence animée par Marie-Hélène Brousse
Hystérie et traumatisme
Freud, pour toujours, a liĂ© l’hystĂ©rie Ă la notion de traumatisme sexuel. Les hystĂ©riques, on le sait, l’avaient forcĂ© Ă prendre en compte ce qu’elles disaient de la sexualitĂ© traumatisante, pour que disparaissent les symptĂ´mes qui tordaient leur corps. Freud a ainsi dĂ©couvert un ordre de causalitĂ© qu’il a thĂ©orisĂ© comme traumatisme sexuel…
- Page de la conférence clinique de Yasmine Grasser , le 8 avril 2008
Séminaire d’étude 2
« Etude du texte de Jacques Lacan : Variantes de la cure-type »
- Étude animée par Yves-Claude Stavy
Notre prochain RDV d’étude du texte de Lacan : « Variantes de la cure type », sera l’occasion de poursuivre notre lecture ligne Ă ligne du chapitre III, intitulé : Du Moi dans l’analyse et de sa fin chez l’analyste.
Ce chapitre nous réserve bien des surprises. Par exemple : la mise en cause, dès 1953, de « la fameuse communication des inconscients » (E 339) – promue aujourd’hui encore, au sein de l’IPA, sous la forme d’une théorie de la « copensée ». Et puis : la peine que prend Lacan, dans ce chapitre, de « s’arrêter aux résultats dont Reich fut le grand artisan […] n’ayant fait qu’une [seule] erreur dans son analyse du caractère » (E 342)…
Publications
Cause freudienne n° 68
- Sommaire
- Sainteté par François Regnault
- Marcel Duchamp l’anartiste (entretien avec Bernard Marcadé)








