Éditorial
L’automne chaud des psys
Les psys ont marqué des points en ce mois de novembre. Le débat (plutôt vif !) sur les troubles de conduite de l’enfant, objet d’une « expertise » de l’Inserm aussi calamiteuse que la précédente sur les psychothérapies, a amené le Ministre de la santé, Xavier Bertrand, à déclarer, le 14 novembre, que, s’il s’agissait de dépister, « c’était toujours pour soigner, aider, accompagner » et que ce dépistage « n’avait pas sa place dans un projet de loi sur la délinquance ». Nous voilà un peu (pas totalement !) soulagés.
Mais cette victoire ne doit pas cacher que les nuages s’accumulent par ailleurs sur la pratique des psys, qu’ils soient psychothérapeutes ou psychanalystes. La dernière proposition de décret d’application de l’article 52 de la loi sur la santé modifie profondément la version proposée en avril dernier pour la rendre beaucoup plus restrictive sur le plan de la formation exigée pour les psychothérapeutes. Ces mesures imprudentes risquent de déstabiliser à nouveau le champ psy en faisant des associations psychanalytiques de faux refuges pour les thérapeutes qui ne pourraient souscrire rapidement aux exigences universitaires irréalistes requises par la loi. N’insistons pas sur l’illusion qui consiste à demander à l’université de dispenser une formation à la psychothérapie qu’elle n’a jamais su faire exister effectivement depuis plus de cinquante ans. La formation a été assurée en général d’une façon individuelle, accompagnée par les offres et les enseignements dispensés par les associations. Certains analystes se réjouissent de voir les psychothérapeutes ainsi menacés. Ces analystes représentent le passé, ainsi que les quelques psychiatres qui, avec eux, applaudissent et dont certains ont été désavoués récemment par leurs collègues.
Nul doute qu’en décembre les psychologues, les psychiatres et les praticiens de la psychanalyse sauront faire entendre leur voix auprès des citoyens et des élus pour s’opposer à cette entreprise malheureuse.
Comme l’a souligné Jacques-Alain Miller dans un texte sur l’effet-de-formation : « La fin de la formation n’est pas seulement d’obtenir l’acquisition de savoirs, mais aussi l’apparition de certaines conditions subjectives, une transformation de l’être du sujet ». Cette formation trans-formante est extime, jamais seulement intime, le public peut donc y participer : « Relevons que c’est justement quand l’essentiel de la formation est extime que l’on ouvre volontiers les séminaires au public, tandis qu’on les ferme d’autant plus que la transmission y est plus plate et banale. » (idem)
L’ECF ouvre ses portes, sa bibliothèque et ses enseignements à ceux qui peuvent y trouver bénéfice, à ceux qui s’orientent de la psychanalyse.
Les séminaires d’études ont réuni en novembre un public attentif et nombreux. La soirée où les Analystes de l’Ecole témoignent du plus intime de leur formation a montré que les moments insaisissables où un être se déplace dans une analyse sont transmissibles. Mais il existe aussi de tels moments dans la rencontre la plus quotidienne du domaine de la psychanalyse appliquée, les cas qui seront proposés en décembre le démontreront.
Cette année, une des soirées proposée par le bureau est nouvelle : elle est composée d’une série de conférences consacrées à l’étude de la névrose obsessionnelle. Ouverte, cette soirée clinique n’est pas anonyme et son effectif est aujourd’hui complet. Mais on peut toujours travailler dans les Cartels. De nombreux cartels viennent de se former, et nouveauté, le plus-un pourra vous inscrire en ligne !
Philippe La Sagna
Textes fondateurs
Le site voit sa rubrique Textes fondateurs, de la section DĂ©couvrir l’Ecole, s’enrichir ce mois-ci de deux textes importants : ThĂ©orie de Turin, prononcĂ© par Jacques-Alain Miller lors du 1er Congrès scientifique de la Scuola lacaniana di Psicoanalisi (en formation), le 21 mai 2000 Ă Turin. Et Principes directeurs de l’acte psychanalytique prononcĂ© par Eric Laurent lors de l’AssemblĂ© gĂ©nĂ©rale de l’AMP Ă Rome en juillet 2006.
Théorie de Turin
«Le dĂ©sir de Lacan a portĂ© au-delĂ de l’Œdipe, et de lui procède, non pas une sociĂ©tĂ© analytique, mais une École. Dans une École, il n’y a pas, du moins en principe, une exception une, une exception solitaire et antinomique Ă l’ensemble comme le veut la formule Ĺ“dipienne. Il n’y a pas une exception, mais… » Jacques-Alain Miller
Principes directeurs de l’acte psychanalytique
« Premier principe : La psychanalyse est une pratique de la parole. Les deux partenaires en sont l’analyste et l’analysant, rĂ©unis en prĂ©sence dans la mĂŞme sĂ©ance psychanalytique. L’analysant parle de…» Eric Laurent
- Théorie de Turin, Jacques-Alain Miller
- Principes directeurs de l’acte psychanalytique, Eric Laurent
3 questions Ă …
… Hugo Freda, directeur du CPCT
« Cela rompt avec toutes les thĂ©ories selon lesquelles l’analyse permettrait de se reconnaĂ®tre soi-mĂŞme ; après l’opĂ©ration joycienne, on ne se reconnaĂ®t plus. On n’est plus jamais ce qu’on Ă©tait. Mais cela… » Hugo Freda
E-lecture
Les désarrois et les souffrances modernes des jeunes
« Ce titre n’est pas sans évoquer le moment de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, époque d’une certaine modernité, d’une industrialisation venue modifier de façon notable les communications et le lien social, époque de la naissance de la psychanalyse et de ce que Lacan a nommé..» Philippe Lacadée
Les paradoxes de l’amour
« A l’inverse, quand une femme femme aime un homme, c’est en tant qu’elle reconnaĂ®t chez un homme son manque, c’est en tant…» Rose-Paule Vinciguerra
- Les dĂ©sarrois et les souffrances modernes des jeunes, Philippe LacadĂ©e. Texte prononcĂ© Ă la journĂ©e de l’ACF Aquitania: Aux marges de l’Autre
- Les paradoxes de l’amour, Rose-Paule Vinciguerra. Texte publiĂ© par la Cause freudienne n°40, Maladies d’amour.
Enseignements
Orientation lacanienne
En décembre, Jacques-Alain Miller donnera cours les 6 et 13,
au CNAM, 292, rue Saint Martin, 75010 Paris, de 13h30 Ă 15h30.
- Horaires et + sur la page de l’Orientation lacanienne
Séminaire d’étude 1
« Le séminaire sur la lettre volée » - animé par Yasmine Grasser
« Nous avons isolĂ© l’enjeu de notre Ă©tude : le dĂ©doublement des fonctions de la lettre illustrĂ© dans la fable de Poe. Ici Joyce a Ă©tĂ© convoquĂ© par Lacan : " a letter, a litter, une lettre, une ordure" (Écrits, p.25). Prenant appui sur … » Yasmine Grasser
- Voir la page du lundi 4 décembre
- Voir la page de présentation de ce Séminaire 1
Séminaire d’étude 2
« Un essai… contre l’obscurantisme » - animé par Guy Trobas
«Pour engager celle-ci sur le terrain de la lettre du texte mĂŞme de Freud, nous nous proposons de confronter notre lecture de ses trois prĂ©faces et du petit…» Guy Trobas
- Voir la page du Séminaire du jeudi 14 décembre 2006
- Voir la page de présentation du Séminaire 2
Soirée de la passe
« Prendre le risque de la passe : La passe et ses suites » - animée par Laure Naveau et Rose-Paule Vinciguerra
La pudeur de l’hystoire «L’hystorisation concerne ici le récit d’une histoire qui doit comporter la trace de l’équation du désir qui s’est résolue dans l’analyse de l’analysant, le reste. » Laure Naveau
- Page de la Soirée du 19 décembre
- Page de présentation des Soirées de la Passe
Soirée de psychanalyse appliquée
« Le symptôme et le père » - animée par Débora Rabinovich et Serge Cottet
« Pour sa part, comme nous le rappelait Serge Cottet le 16 novembre dernier, Freud soutenait que la doctrine Ă©tait en retard sur le cas. Par consĂ©quent, nous allons… »DĂ©bora Rabinovich
- Page de la Soirée du 21 décembre
- Page de présentation des Soirées de psychanalyse appliquée
Publications
La Lettre Mensuelle n° 253
« En me promenant aujourd’hui aux alentours du Dôme de Cologne, en arrivant au forum, je suis tombé sur une affiche, une invitation de l’église catholique : "Freud et l’évangile". Rentré chez moi, c’est un exemplaire de Newsweek qui a attiré mon regard, avec une photo de Freud. On pouvait lire en première page : "Freud is NOT Dead, … » Harold Dielmann
«La nomination ne tient pas seulement au symbolique mais elle touche au rĂ©el – ou, peut-on dire, elle vient du rĂ©el. Cette conception de la nomination comme quart Ă©lĂ©ment, nous ramène aussi bien Ă la conception du nom comme noyau et … » Jean-Pierre Cottes
- Sommaire
- Revue de presse ou le grand amour des morts et des commémorations, Harold Dielmann
- Du nom Ă la la nomination, Jean-Pierre Cottes
- La Lettre mensuelle est disponible sur ECF-Echoppe
Le juif de savoir
«De Cassirer Ă Leo Strauss, de Hannah Arendt Ă Scholem, la figure du Juif de savoir fascine et repousse encore de nos jours. Quelque chose de grave s’y joue quant au nom juif; quelque chose de grave s’y joue aussi quant au savoir.»
CD-Roms
La souscription au coffret de CD-Roms des collections Cause freudienne et Quarto est prolongĂ©e jusqu’au 7 dĂ©cembre 2006. Les souscripteurs le recevront par courrier dès son Ă©dition prĂ©vue au mois de dĂ©cembre.
- Voir page de la Souscription au coffret
L’Ecole fermera ses portes du 23 dĂ©cembre au 7 janvier inclus.








