Éditorial
Ce que savent les psychanalystes
Ce mois de février 2007 s’est achevé par l’annonce de la mort de Rosine Lefort suivant de quelques jours celle de son mari Robert Lefort. Ces deux psychanalystes nous ont laissé des traces multiples de l’enthousiasme, du sérieux et surtout, de l’engagement de désir que suppose la psychanalyse avec les enfants. Nous leur devons le succès de ce syntagme.
« Avec les enfants » voulait dire, par exemple, apprendre de la petite Nadia présentée par Rosine Lefort, dans son livre Naissance de l’Autre, qu’une enfant de quinze mois peut manger de la nourriture sans savoir que cette nourriture est aussi un objet a oral, cause du désir. Cela voulait dire aussi que la rencontre avec l’analyste peut venir déplacer un nourrissage sans désir, dû ici à l’hospitalisme, pour ouvrir la possibilité d’une « alimentation » vraiment vivante, humaine et parlante. L’Autre ne naît pas sans désir. Dans leur travail à deux on ne savait pas toujours qui, de Robert ou de Rosine, avait dit ou écrit ceci ou cela, mais on était sûr qu’ils étaient bien là, alternativement, homme et femme dans le dire, bien loin d’un pseudo couple parental qui aurait pu sembler, dans leur domaine, évident.
Les écrits de Rosine et Robert, leur pratique, leur profonde humanité, contrastent avec l’atmosphère de ségrégation scientiste qui a gouverné l’étude de l’Inserm à propos des troubles des conduites chez l’enfant et l’adolescent. Cette étude a été récemment sanctionnée par le Comité national d’éthique qui dénonce « la stigmatisation morale des enfants » que l’on y trouve. On apprend cependant que l’Inserm récidive dans le même esprit avec l’étude récemment parue sur les troubles de l’apprentissage chez l’enfant.
Par contre, le Ministre de l’intérieur, soucieux de l’opinion en période d’élection, a fait retirer le volet psychiatrie du projet de loi relatif à la prévention de la délinquance, volet qui avait soulevé l’indignation des psychiatres, des patients et des familles !
Un article du New-York Times du 15 février 2007 rapporte le décès d’une enfant de quatre ans, Rebecca, traitée pour déficit de l’attention et trouble « bipolaire », par overdose de médicaments, peut-être mal dosés par la famille : deux neuroleptiques et un régulateur de l’humeur. Le médecin interrogé dit « avoir respecté les standards » ! Le standard peut tuer, c’est souvent un des pires noms de l’universel.
Le savoir non-standard, celui qui part du singulier, son destin, ses sources, son avenir, sont et seront l’enjeu humain du vingt et unième siècle.
La bibliothèque de l’ECF recevra le 7 mars Jean-Claude Milner qui échangera, à propos de son livre Le Juif de savoir, avec Eric Laurent. Dans la présentation de cet ouvrage on trouve cette phrase : « Ce qui est advenu par le Juif de savoir, ce qui advient et adviendra sans lui, c’est encore et toujours, la rencontre, inlassablement recommencée et inlassablement ratée, du nom juif et de l’Europe ».
Le savoir non-standard sera aussi à l’ordre du jour le 20 mars, jour où l’Université de Paris VIII organise, à Saint-Denis, dans le cadre de l’Ecole doctorale, « Pratique et théorie du sens », un colloque ouvert à tous et gratuit sur le thème « Lacan, le savoir, les savoirs ».
Nos collègues enseignants de Paris VIII y seront présents avec Gérard Miller, Jacques-Alain Miller, François Régnault, Gérard Wacjman et aussi d’autres personnes dont Jean-Claude Milner et Emmanuel de Waresquiel.
Ces deux manifestations sont de bonne augure pour le travail des prochaines Journées d’études de l’ECF, les 6 et 7 octobre 2007, qui auront pour titre « Notre sujet supposé savoir » et pour sous-titre : Ses incidences cliniques et ses enjeux politiques / Comment finissent les analyses ?
PL
3 questions Ă …
Judith Miller
« Ă€ partir de l’initiative inĂ©dite des CPCT et d’autres expĂ©riences institutionnelles, [ les Écoles du Champ freudien] et l’ensemble du Champ freudien dĂ©montrent les perspectives fĂ©condes de la clinique de l’objet a et de ce que nous convenons de dĂ©signer comme le “dernier” enseignement de Lacan… »
Evénements
JournĂ©es d’Étude 2007
Les prochaines Journées d’études de l’Ecole de la Cause freudienne se tiendront à Paris les 6 et 7 octobre 2007 au Palais des Congrès situé à la Porte Maillot.
Le titre en est :
Ses incidences cliniques, ses enjeux politiques
COMMENT FINISSENT LES ANALYSES
Rose-Paule Vinciguerra et Guy Trobas assureront la direction de ces Journées.
La date limite d’envoi des propositions d’intervention (25 lignes maximum) est fixée au 1er juin 2007.
1er rendez-vous de formation du CPCT
Les premiers entretiens : enjeux et efficacité
« Le CPCT distingue deux temps : consultation et traitement. Freud nous a appris à lire la temporalité particulière de l’après-coup comme le temps dans lequel se conjugue l’histoire d’un sujet. Lacan y a repéré l’effet de signification toujours rétroactif du signifiant. »
Le rendez-vous de formation du CPCT du 24 mars prochain est complet.
- En savoir + sur la page des RV de formation du CPCT
L’Orientation lacanienne
Les cartels
Inscription en ligne
« L’inscription des cartels, à son tour, connaît une mutation informatique. Vous accédez, par ce lien, à un formulaire d’inscription informatisée… »
- En savoir plus sur l’inscription en ligne Ă un cartel
Actualité des cartels de recherche
« Ce que Schreber nous enseigne, par contre, et qui est Ă proprement parler paranoĂŻaque c’est le rĂ©tablissement d’une jouissance sexuĂ©e dans l’Autre. Les coordonnĂ©es du sujet… » Francesca Biagi-ChaĂŻ
« Le sujet qui parle dès le début de son analyse dans une autre langue que la sienne, en général dans plusieurs langues qui se croisent, est-il plus brutalement confronté à lalangue ? » Suzanne Hommel
- Cartel de recherche n° 1, La schizophrénie, une « psychose lacanienne», Francesca Biagi-Chaï
- Cartel de recherche n° 3 , Le sujet entre les langues, Suzanne Hommel
- Voir également la page des cartels
Enseignements
Orientation lacanienne
Le cours de J.A. Miller reprendra le 7 mars,
au CNAM, 292, rue Saint Martin, 75010 Paris, de 13h30 Ă 15h30.
- Horaires et + sur la page de l’Orientation lacanienne
Conférences cliniques
« Apprendre à lire la névrose obsessionnelle » - Soirée animée par
Ce mois-ci, la Lettre en ligne vous propose la transcription de la Conférence donnée par Philippe de Georges, le 25 janvier :
« En commentant le texte d’Ella Sharpe, Lacan met d’emblĂ©e en Ă©vidence une notation clinique de l’analyste selon laquelle l’obsessionnel exprime tout ce qu’il pense, jamais ce qu’il sent. C’est lĂ la valeur de dĂ©fense des symptĂ´mes obsessionnels : des pensĂ©es pour se dĂ©fendre de ce que l’on pourrait sentir. L’obsessionnel pratique l’isolation, c’est Ă dire… » Philippe de Georges
- Voir la page de la Conférence de Philippe de Georges
Le jeudi 29 mars, Serge Cottet se propose de mettre à l’étude la névrose obsessionnelle féminine :
« La nĂ©vrose obsessionnelle fĂ©minine donne lieu Ă des difficultĂ©s de diagnostic et d’interprĂ©tation dès lors qu’on privilĂ©gie le comportement ritualisĂ©, les symptĂ´mes typiques, les dĂ©fenses … » Serge Cottet
- Voir page de la Soirée du jeudi 29 mars 2007
- Voir page de présentation de ces Conférences
Soirée de la bibliothèque
Soirée de la bibliothèque animée par Eric Laurent - Invité :
« Le livre “Le juif de savoir” reprend les propos d’un sĂ©minaire effectuĂ© par J.-C. Milner en 2004-2005 Ă l’institut d’Ă©tudes lĂ©vinassiennes sous le titre “le savoir comme idole”.
J.-C. Milner commence sous un mode narratif : “Il arriva que le nom de juif et le nom de savoir se nouèrent l’un Ă l’autre”. C’est de ce nouage situĂ© dans la langue allemande de la fin du 18ème au milieu du 20ème siècle et de ce dĂ©nouage situĂ© dans les consĂ©quences de la persĂ©cution nazie et l’extermination qu’il est … » Marie-Claude Sureau
- Voir la page des Soirées de la bibliothèque
Séminaire d’étude 1
« Le séminaire sur la lettre volée » - Etude animée par Yasmine Grasser
« Si Lacan donc s’est intĂ©ressĂ© Ă la cybernĂ©tique, c’est qu’il tenait Ă dĂ©montrer l’autonomie du symbolique par rapport Ă l’imaginaire. La cybernĂ©tique Ă©limine l’imaginaire du symbolique. Le langage formel… »Yasmine Grasser
- Voir la page de l’Etude du lundi 5 mars 2007
- Voir la page de présentation de ce Séminaire 1
Séminaire d’étude 2
« Un essai… contre l’obscurantisme » - Séminaire animé par Guy Trobas
« Nous avons pu ainsi dĂ©jĂ constater comment la traduction du Trieb freudien par instinct – traduction encore en vigueur dans le monde anglo-saxon - Ă©tait, dès ces premiers repères sur la pulsion, une…»Guy Trobas
- Voir la page du Séminaire du jeudi 15 mars
- Voir la page de présentation du Séminaire 2
Soirée de la passe
« Prendre le risque de la passe : La passe et ses suites» - Soirée animée par Laure Naveau et Rose-Paule Vinciguerra
« La conclusion d’une analyse permet de soulever diverses questions relativement, d’une part, Ă la formation de l’analyste, et d’autre part Ă l’effectuation du chemin parcouru par le patient… » Laure Naveau
- Page de la Soirée du mardi 20 mars
- Page de présentation des Soirées de la passe
Soirée de psychanalyse appliquée
Soirée animée par Debora Rabinovich et Serge Cottet
« Le 8 mars nos invitĂ©s seront : Guy Briole et Philippe Benichou. Nous leurs avons proposĂ© de prĂ©senter un cas issu de leur pratique en cabinet. Ces cas relèvent plutĂ´t de la psychanalyse appliquĂ©e… » Debora Rabinovich
- Page de la Soirée du 8 mars
- Page de présentation des Soirées de psychanalyse appliquée
Publications
La Cause freudienne n°65
La famille Résidu
« Entre les nĂ©vroses classiques d’un cĂ´tĂ© et les psychoses extraordinaires de l’autre, se trouvent donc des phĂ©nomènes mĂ©langĂ©s, mixtes, qui ne sont pas facilement assignables. Il y a lĂ un champ nouveau d’exploration clinique qui justement doit ĂŞtre qualitativement explorĂ©. NĂ©vrose et psychose doivent cependant toujours ĂŞtre distinguĂ©es comme deux pĂ´les tout Ă fait fondamentaux. » Éric Laurent
La Lettre Mensuelle n°256
« L’École de la Cause freudienne offre le service d’une grande bibliothèque de psychanalyse ouverte à tous. Elle compte 10 000 ouvrages, ainsi que de nombreuses collections de périodiques, consultables sur place librement et gratuitement, dans une salle de lecture. Entretien avec Catherine Bonningue, à l’issue de son mandat à la tête de la bibliothèque – avec, à la clef, un scoop. »
« La thèse de Freud sur la sexualitĂ© infantile est donc bien une dĂ©couverte qui dĂ©voile beaucoup plus que ce que Gribinski indique en termes de non-dit, de savoir commun frappĂ© de tabou. Ce que rĂ©vèle Freud, c’est bel et bien un… » Guy Trobas
- Sommaire
- Du nouveau à la Bibliothèque de l’ECF, entretien de Armelle Gaydon avec Catherine Bonningue.
- Un essai… contre l’obscurantisme, Guy Trobas
- La Lettre Mensuelle est disponible sur ECF-Echoppe
CD-Roms
La souscription au coffret de CD-Roms des collections Cause freudienne et Quarto est suspendue jusqu’à la mise en vente.
- Voir page de la Souscription au coffret










