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ÉditorialDu savoir qui parle et
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Cet été la presse des EU s’interrogeait. La recrudescence des suicides chez les jeunes est-elle due aux précautions nouvelles des prescripteurs d’antidépresseurs ? Les adjuvants alimentaires causent-ils une augmentation de l’hyperactivité ? Le monde contemporain est ainsi confronté à des phénomènes épidémiques divers qui sont sujets à des tentatives de corrélation. La corrélation est une source toujours renouvelée de production de savoirs baroques ; par exemple, on a pu démontrer un lien entre la dérive des continents et certaines activités humaines. Cela se résume à l’expression populaire : « cela doit avoir un rapport ». La parole permet cela, tout peut venir résonner avec tout, en évitant de penser ce qui n’a pas de rapport.
Le savoir aujourd’hui, y compris celui des sciences, apparaît bien fragile. Il faut dire que quelque chose a changé depuis Gutenberg qui avait permis d’identifier le savoir et l’écrit. Maintenant il y a aussi Google et sa bibliothèque. Chacun s’inquiète de la fragilité des savoirs et même souvent à juste titre de leur perte et de leur disparition, voire de leur démolition ou du fait que certains voudraient s’en saisir via la numérisation généralisée des ouvrages. On s’avise donc qu’il n’y a pas que les espèces qui sont en voie de disparition mais aussi que certains savoirs sont des chefs d’œuvres en péril. Pour que le savoir existe et continue d’exister il faut des sujets qui le « supportent ». De vrais lecteurs par exemple. Ceux qui lisent la plume à la main. Le sujet du savoir sait lire.
Le savoir commence en général par un qui l’invente. Les mathématiques sont un domaine où le savoir reste assez consistant et résistant. Récemment, au Congrès des mathématiciens de Madrid en 2006, la planète a retenu son souffle pour écouter Grigori Perelman démontrer la fameuse conjecture de Poincaré, conjecture qui attendait cette solution depuis 1904. Cette découverte devrait nous permettre de mieux définir la forme de l’univers et aussi d’avancer dans un domaine que Lacan appréciait : la topologie. Hamilton, un autre mathématicien qui avait préparé la trouvaille de Perelman pendant une partie notable de sa vie, ajouta ce jour là comme le note Donal O’Shea dans son livre paru en français sur ce thème : « J’avais gratté avec les ongles pour le prouver dans quelques cas ; maintenant je n’aurai plus jamais à me soucier de ça ».
Les 6 et 7 octobre l’ECF tiendra ses XXXVIèmes Journées sur le thème de « Notre sujet supposé savoir », avec pour sous-titre, Ses incidences cliniques, ses enjeux politiques, comment finissent les analyses. Vous pouvez lire dans la LEL l’interview des directeurs de ces Journées. La psychanalyse contre aujourd’hui, comme le souligne l’un d’entre eux, une tentative d’éradication de la dimension de la vérité dans la clinique.
Jacques-Alain Miller nous annonce à cette rentrée un évènement majeur.
Sur les 25 titres du Séminaire de Jacques Lacan, 13 sont parus. Le 14ème paraîtra en novembre : le Séminaire XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, accompagné d’un volume de la petite collection « Paradoxes de Lacan », intitulé Le Mythe individuel du névrosé.
Les textes de cinq autres Séminaires (XIX, XXI, XXII, XXIV, XXV), tous établis par Jacques-Alain Miller, seront publiés à partir de 2008. L’édition complète de l’ensemble des titres est prévue pour 2010. La LEL nous donnera bientôt plus de détails sur le calendrier précis de ces publications et de nombreuses autres à venir !
Jacques-Alain Miller remarquait dans son dernier Cours de 2007 que la psychanalyse ne proposait pas un amour intellectuel de ce sujet supposé savoir qu’est Dieu, mais plus modestement qu’elle ouvrait sur « l’amour pour une femme ». Dieu a la vie dure surtout si on se met à le faire parler comme c’est le cas encore aujourd’hui hélas, en ce début septembre.
La psychanalyse apprend à être attentif à ce qui ne parle pas chez l’autre, ce qu’incarne assez bien une femme. Une femme saisit très vite qu’un discours laisse ou non une place pour ce qui ne parle pas. Ceux qui ne parlent pas sont parfois aussi, différemment, qualifiés d’autistes. Rosine et Robert Lefort récemment décédés ont consacré une grande part de leur vie d’analystes à entrer en conversation avec les dits « autistes » et même à chercher chez les sujets les plus divers quelle était leur part « d’autisme », soit le point où ils se trouvaient sans mots, sans le recours d’aucun Autre. L’autiste est un sujet qui se retrouve, comme l’écrivaient ces auteurs dans La Distinction de l’autisme, « face à une parole qui fait réel faute de faire langage ». Le sujet analysé est supposé savoir ce qu’est cette parole, une parole de cet ordre qui fait réel et qui permet de saisir le défaut du langage. Ainsi l’analysé est celui qui peut tenter d’entrer en conversation avec l’autisme d’un sujet.
PLS
Evénements
Hommage à Rosine et Robert Lefort
Le Champ freudien, l’École de la Cause freudienne et le Nouveau RĂ©seau Cereda organisent le 15 de ce mois une Journée intitulĂ©e L’oeuvre de Rosine et Robert Lefort - Ses consĂ©quences pour la clinique psychanalytique :
«Je ne redirai pas ici combien sont vifs les souvenirs que nombre d’entre nous gardent du travail qu’ils ont pu mener grâce à et avec Rosine et Robert Lefort, combien leur furent précieux leurs ouvrages et…» Judith Miller
XXXVIèmes Journées d’Etude
Interview
La LEL a interviewé Rose-Paule Vinciguerra et Guy Trobas co-directeurs des JournĂ©es à propos du thème de ces dernières :
« Au contraire, lorsqu’il aborde une cure nouvelle, un psychanalyste sait, comme Socrate, qu’il ne sait pas. C’est fort de ce non-savoir qu’il peut se prĂŞter Ă endosser cette supposition dont il est crĂ©ditĂ©. C’est encore ce “point absolu, justement de n’être nul savoir” qui fait le fond du…» Rose-Paule Vinciguerra etGuy Trobas
Inscriptions / Cartons / Programme
La préparation de nos Journées d’études avance. De nombreuses inscriptions signalent déjà l’intérêt qui est pris à cette rencontre annuelle. Comme chaque année, il sera possible de s’inscrire sur place mais afin de vous éviter de patienter dans une file d’attente, nous vous conseillons de vous inscrire par l’un des moyens mis à votre disposition, à savoir:
- inscription en ligne,
- courrier adressé à l’ECF et incluant un bulletin d’inscription,
- au local de l’ECF.
Toute personne dont l’inscription sera arrivée et enregistrée à l’ECF avant le samedi 29 septembre recevra à son adresse le carton d’entrée à ces Journées d’études.
Pour les inscriptions enregistrées dans la semaine qui suivra le 29 septembre, celle précédant donc nos Journées, le carton d’entrée sera à retirer sur place. Un comptoir sera installé à cet effet.
Par ailleurs, le programme qui sera établi après la réception de toutes les interventions, sera distribué dès l’ouverture de l’espace réservé à notre manifestation, c’est-à-dire à 8h. Les travaux de nos Journées débuteront à 9h15.
Rose-Paule Vinciguerra et Guy Trobas
Quatrième Journée du CPCT
« Exigences de réussite, retentissements des échecs - ce que nous apprend la clinique du CPCT » ainsi s’intitule la quatrième Journée du centre de la rue de Chabrol. Elle se tiendra le samedi dix novembre à la Mairie du IXè arrondissement de Paris. Inscriptions ouvertes jusqu’au 15 octobre 2007.
- Voir la page de cette Quatrième Journée du CPCT de la rue de Chabrol
- TĂ©lĂ©charger le bulletin d’inscription
Enseignements
Conférences cliniques
Apprendre à lire la névrose obsessionnelle » - Soirée animée par
La LEL est heureuse de vous proposer le texte de la Conférence du 28 juin, donnée par Lilia Mahjoub sous le titre Hélène Deutsch, l’obsession et la jouissance féminine :
« C’est dans son Séminaire Encore de 1972-1973 que Lacan posera bien, en effet, l’accès à une jouissance féminine qui n’est pas l’équivalent de la jouissance phallique, mais, comme nous l’avons déjà pointé plus avant, son…» Lilia Mahjoub
- Le texte de la Conférence Hélène Deutsch, l’obsession et la jouissance féminine par Lilia Mahjoub
- Celui de la Discussion qui s’ensuivit.
- Voir également la page de présentation de ces Conférences
E-lecture
Sur « Mallarmé le livre » de Joseph Attié
« L’art de Mallarmé atteint le hors-sens du trou que Joseph Attié différencie très finement du non sens de l’énigme en nous indiquant comment le signifiant vire à la lettre qui fait trou dans la langue. La faille, le trou et la perte s’articulent…» Anne-Marie Le Mercier
- Sur « Mallarmé le livre » de Joseph Attié, Anne-Marie Le Mercier
- « Mallarmé le livre » dans la rubrique Publications
- « Mallarmé le livre » est disponible sur ECF-Echoppe
Publication
Avant-première :: Cause freudienne n° 67
En avant-première, la LEL et la Cause freudienne vous proposent de dĂ©couvrir un extrait de l’article de Christine Le BoulengĂ©, Ă paraĂ®tre en octobre dans le numĂ©ro 67 de la revue.
« Ce souci de dĂ©marquer la science vĂ©ritable des pseudo-sciences, d’autant plus fondĂ© qu’il est aussi la rĂ©ponse du jeune Popper Ă la montĂ©e de l’idĂ©ologie nazie, cette fausse science Ă laquelle il s’est trouvĂ© confrontĂ©, le mène…» Christine Le BoulengĂ©
- Freud plus poppérien que Popper, Christine Le BoulengĂ©









