L'orientation lacanienne

Quand vous entrez dans le Séminaire du Sinthome…

Jacques-Alain Miller

La lettre en ligne n° 13 - janvier 2005

OL III, 7 - Orientation lacanienne 2004-2005 :: Pièces détachées

 

Extrait, choisi et établi par Catherine Bonningue, de la leçon du 7 décembre 2004 de l’Orientation lacanienne III, 7, « Pièces détachées ».

Quand vous entrez dans le Séminaire du Sinthome, laissez toute espérance. Laissez aussi l’ordre, le principe et la démonstration. Lisez-le comme l’Ecriture, avec un grand E. Lacan y invite, puisqu’il a le toupet de comparer ce qu’il éructe au Livre de la Sagesse.

Ne songez pas à commencer, ne songez pas à progresser, ne songez pas à conclure. Laissez-vous posséder.

Abandonnez toute idée de maîtrise. Préférez la coïncidence. Coïncidez avec l’étonnante énonciation de ce Séminaire. Lacan pastichait Joyce. Il faisait du Joyce. De même, il faut faire du Lacan, rejoindre cette énonciation, s’inscrire dans son fil.

Si vous n’y comprenez rien, c’est parfait. Enseignez-le. C’est ce que je fais. L’enseignant, par la possession, je le comprends de mieux en mieux.

Ce pari répond à ce que les logiciens ont appelé « le principe de charité ». Charité pour Lacan ! Lui faire crédit qu’il veut dire quelque chose de sensé. Une charité poussée jusqu’à faire crédit à l’insensé. Un Séminaire archi-raté, donc. Le ratage en est le maître mot. Ce ratage qui est la gloire du dernier enseignement de Lacan. Un témoignage qu’il est aux prises avec ce qui ne se trouve pas, avec l’Urverdrängung, le refoulement originel, ce qui ne se laisse pas défouler.