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vendredi 23 octobre 2009

Yes, he can ! - Paulo Siqueira

Paulo Siqueira, psychanalyste, membre ECF

 Formidable surprise : Barak OBAMA est prix Nobel de la Paix ! Alors qu’à l’ère de Bush, de Tony Blair, de Sharon et d’autres semblables, les va-t-en-guerre avaient le vent en poupe, il revient au « Premier Noir » Président des USA d’oser parler de négociation avec les pays de «l’axe du Mal » et même de dénucléarisation de la Planète. Les grands esprits de ce monde vont sûrement se moquer du grand, svelte et jeune « naïf » qui a eu le courage de concevoir une politique où l’on cherche « la paix de braves » plutôt que la guerre totale jusqu’à l’extermination des ennemis de la Démocratie. Ces « réalistes » qui ne croient qu’au pire (toujours certain, n’est-ce-pas ?) continueront à refuser toute négociation avec les représentant patentés du Mal Absolu (les intégristes iraniens, les talibans afghans, le dernier stalinien en Corée du Nord, etcetera). Ils vont tous se gausser de ce prix Nobel (« une médaille de chocolat », c’est le commentaire que je viens d’entendre dans une chaîne de Télévision) sous le prétexte que seul le résultat compte et que pour l’instant on ne voit pas les effets positifs de sa politique de « la main tendue ». On va donc parier sur l’échec d’Obama au Moyen Orient, en Afghanistan, en Irak, à Guatanamo et ailleurs. Or, il ne faut pas se tromper. Barak Obama n’est pas un pacifiste, il est loin d’être tombé dans l’angélisme de Carter. On peut dire, c’est vrai que tous ceux qui ont cru aux vertus de la non-violence (Ghandi, Martin Luther King et quelques autres) ont fini assassinés. Il ne manquera pas qui parient sur l’assassinat du Président des USA, ce qui est une probabilité, mais pas une fatalité. C’est facile de jouer aux Cassandres. « Yes, he can » c’est la devise d’Obama et les analystes devraient en prendre de la graine. Au contraire de celui qui nous hyperprésidentialise, Obama ne dit pas que « tout est possible ». C’est vrai, qu’il n’est pas non plus freudien au point de reconnaître ce qu’il y a d’impossible dans l’art de gouverner. Loin, très loin de tomber dans l’impuissance qui caractérise l’Europe de nos jours, Obama ne manque pas de courage car il fait le pari de la paix car le jeu vaut la chandelle, et il affirme qu’il faut continuer à discuter sans pour autant croire qu’on va se donner la main les uns aux autres et former la grande ronde de l’Harmonie Universelle. Par contre, semble-t-il le dire, il ne faudrait pas renoncer aux voies de la parole pour régler les conflits entre les nations et les peuples, seules capables d’apaiser les pulsions qui, si on les laisse aller jusqu’à leurs déchainements, n’épargneront ni les parlêtres  ni la planète.
Tags associés à cet article: impuissance, parlêtre, parole, puissance

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