Psychanalyse et politique, le blog

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mardi 6 octobre 2009

User la vérité - Jacqueline Dhéret

Jacqueline Dhéret, psychanalyste, membre ECF

Il y a plusieurs politiques du symptôme.Il y a celle qui veut adapter le sujet au discours du maître, profondément ébranlé par le discours de la science. Douce en ses formes, autoritaire en son fond, elle entend ramener la singularité à l’universalité. Il y a la politique freudienne du symptôme, qui tire, dans le champ social, les conséquences de son expérience. Freud a donné au symptôme, parmi les formations de l’inconscient, une place particulière. C’est la leçon de l’hystérique : Les éléments libidinaux se transforment en symptômes. Les éléments agressifs, en insatisfaction, mécontentement, malaise. Là, la clinique passe dans le politique : toute formation humaine, nous dit Freud, est cimentée par des relations libidinales réciproques et pâtit de cette solidarité. Ainsi considère-t-il, dans tous les cas, les institutions, comme le résultat d’un échec. Cela ne doit pas nous paralyser, dit-il ! 1.

Enfin, il y a la politique lacanienne du symptôme. Pour Lacan, en son fond, le symptôme n’est pas en lien avec l’identification, plutôt est-il appelé là où il n’y a pas de signification universelle. Le sinthome est la façon qu’a le symptôme d’atteindre la singularité, au point de devenir le nom du destin du sujet. Lacan a eu besoin de produire un signifiant inédit, le sinthome, pour dire ce fait nouveau que Joyce lui avait fait découvrir. Le sinthome, comme solution au regard d’une impossibilité et non d’un échec. Il y a la réponse par le symptôme, qui a montré à Freud les limites du pouvoir de l’identification, il y a la réponse lacanienne qui nous invite à agrandir les conséquences du symptôme, jusqu’au point d’en répondre et d’y impliquer la pulsion. Le sinthome, dirait Lacan à Freud, pour faire, avec ce qui n’a pas de solution véritable.
 
Considérons tout d’abord la première politique, qui veut effacer la dimension de l’incommensurable et qui promeut le tout signifiant.
Elle se déploie en de multiples variantes mais repose en son fond sur une logique assez simple qui n’est pas étrangère aux techniques du marketing. La tendance à l’unification qu’elle opère implique toujours de séparer le symptôme, du sujet qui le porte, voire, d’en faire la victime. Cette séparation permet, dans tous les cas, de supposer une causalité organique au trouble.
La véritable unification est là : si la causalité organique ou génétique n’est pas démontrée aujourd’hui, elle le sera demain.
C’est le critère de l’évidence2. Une fois posée cette loi de formation, on obtient des séries. On peut alors, sur tous les fronts, se livrer à une interprétation des mini signes qui associent dans un rapport causal, les symptômes dont souffre quelqu’un, avec un trouble, déjà identifié ou à promouvoir.
Bien sur, l’apparition d’une nouvelle catégorie s’accompagne nécessairement de l’apparition d’individus que l’on peut dénombrer, répondant à cette catégorie. Une conception du symptôme, donc, qui comporte sa mise en scène, et qui, comme nous l’a montré l’actualité journalistique de la rentrée, implique de s’en prendre directement à la psychanalyse.
Comment s’opère l’extension d’un domaine ? Le mode du témoignage connaît un engouement certain. Relayé par les médias, il amène des lecteurs, des spectateurs à se reconnaître dans le tableau présenté. La liste est longue de ces propositions, de ces allégations qui nous viennent de l’Autre et qui nous figent dans l’univers de représentations préfabriquées : harcelés moraux, dépressifs, toccistes, hyperactifs, précaires etc…
L’extension s’opère aussi par la création d’associations qui justifient l’apparition d’une nouvelle catégorie ou la réclament, toujours appuyées par une ou deux autorités dites scientifiques. Ainsi avons-nous vu apparaître une nouvelle entité, les TOP, troubles oppositionnels avec provocation qui viserait à éradiquer, par une rééducation comportementale, les comportements troublions, des l’école maternelle. La médecine « prédictive », grâce au dépistage en milieu scolaire, permettrait ainsi de lutter contre les troubles d’adaptation à la vie sociale. Espérons qu’il y aura, à l’Education Nationale, des fripons pour désobéir !
 
Ces campagnes qui servent une politique autoritaire du symptôme, commencent par des rapports plus ou moins officiels. C’est le cas, par exemple, d’une enquête réalisée en 2000 sur les violences envers les femmes en France 3 dont on voit aujourd’hui qu’elle engage les mêmes développements , à une différence près : la thérapeutique sollicitée est cette fois juridique.
Dans tous les cas il s’agit de faire connaître, de briser le silence, souvent de nommer et de prévenir. C’est un nouveau régime de construction d’un Autre consistant.
 
La politique freudienne du symptôme, tenait compte de ce que l’hystérique avait enseigné à Freud. On peut s’en doute avancer qu’elle en est restée prisonnière et que cela tient à une certain opérativité du discours du maître, contemporain de l’époque freudienne. A l’omniprésence du discours humain, l’hystérique objecte par son symptôme, plus fort que l’idéal.
Que montre-t-elle ? Plus on cherche à obtenir une conformité, à ramener le sujet de sa particularité à l’universalité, plus on fait apparaître l’impuissance, plus on programme la réaction thérapeutique négative.
Le discours hystérique montre ce que le symptôme doit à la logique subjective : une cohérence privée, tissées d’associations qui tiennent aux lois du langage. L’inconscient génère des symptômes.
La clinique de l’hystérie nous enseigne quelque chose de très utile pour aborder le malaise dans la civilisation : le sujet ne trouve jamais de véritable apaisement de ses tensions subjectives dans l’identification communautaire. Il se porte mieux, quand on l’aide à en desserrer l’étau. Plutôt choisit-il l’identification au petit trait de jouissance qui choque, fait problème. Ainsi le symptôme hystérique, derrière la revendication ou la plainte, est-il satisfaction du petit passe-droit, de l’exception, qui met en échec les tendances socialisantes.
C’est une manière de répondre à l’affirmation collectivisante. Cependant, cette protestation reste prisonnière de la répétition, d’être captive de l’identification.
Le propre de l’hystérie est de savoir inscrire cette part pulsionnelle que comporte le symptôme dans un discours, en allant la chercher chez l’Autre, en tant qu’objet perdu. Une part de cette jouissance est attrapée par l’Autre, qui se saisit par la langue, la culture. C’est un savoir faire qui nous engage à nous intéresser au langage, au vécu du corps, à l’expression verbale du symptôme.
C’est une toute autre politique que celle précédemment évoquée. Elle suppose la causalité sexuelle, l’insistance du réel4, là où les maîtres contemporains postulent la causalité organique.
Elle nous rappelle ce que Freud a découvert au temps où le Nom Du Père faisait encore l’histoire : le symptôme est l’expression d’une pensée de la liberté.
 
Pour aborder les problèmes contemporains, il nous faut considérer le symptôme, comme ce qui nous vient du réel. J Lacan nous montre qu’il est tentative pour faire avec un impossible, plus exigeant que la réalité langagière à laquelle, cependant, il recourt. Pas d’espoir d’atteindre le réel par la représentation.
 Nous apercevons mieux, dans notre monde contemporain, que quelque chose objecte au fait que le sujet trouve sa place dans l’Autre. Nous comprenons mieux que la civilisation est faite de ce que nous bricolons, en marge de ce qui fait standard. Nous découvrons ce que Lacan enseignait en 75, avec « le sinthôme »5:pas seulement le malentendu dont le sujet hérite et qui lui vient de l’Autre, mais le truquage qu’il s’invente.
Dés lors, il nous faut réviser les modalités des discours. Il est plus difficile aujourd’hui de faire lien social à partir du champ défini par le semblant paternel, à partir de l’Idéal. Lorsque le lien ; n’est plus soutenu par le discours du maître, que la connexion au savoir se perd, il devient plus problématique de viser la vérité de l’inconscient, de rechercher un type de décision subjective qui interroge l’Autre, sur son désir.
 
C’est ce que rencontrent aussi les comportementalistes :débarrassez-moi de mon symptôme et du réel. Eux, croient que c’est possible. Nous, nous accueillons ces demandes, mais nous croyons qu’il y a une identité entre ce qui est insupportable, la jouissance, et ce que nous ne pouvons pas éviter. Nous, psychanalystes lacaniens, supposons que le symptôme, est au principe du vivant, qu’il parle tout seul, comme le sujet contemporain. C’est le point d’où nous partons.
Le concept de sinthôme apporté par Lacan inclut ce réel. Il est le symptôme freudien en tant qu’il est accroché au langage 6, en tant que l’on peut en faire muter le sens, et il prend en considération la part du symptôme, qui est bourdonnement, tourbillon , celle qui ne s’adresse pas à l’Autre.
L’analyse avertit qu’il y a bien des façons de faire avec ces marques, ces dépôts de la langue, capables de drainer une satisfaction particulière et qui, paradoxalement, peuvent se partager. On ne guérit pas du symptôme qui est nœud d’équivoque. Le mieux que l’on puisse faire dit Lacan, c’est de le déplacer, car la jouissance progresse dans le tissu des équivoques. Une langue, ce sont des achoppements, toutes sortes de façon de dire, dans lesquelles réside l’inconscient.
Dans une analyse, on passe du symptôme structuré comme un langage, à une bévue, radicalement hors norme, qui se suffit à elle même. Cela suppose d’admettre que le contenu latent de l’inconscient est du côté des S1. Des nœuds se construisent et font chaîne, grâce à la matière signifiante qui ouvre à l’équivoque. Ce réel hors sens pâtit du symbolique et circule dans le langage.
Là, la clinique passe dans le politique : les symptômes peuvent s’assembler, se multiplier, parce qu’ils ne répondent pas au programme identificatoire. Au fond, Freud avait une vision réaliste du symptôme : pas de lien social sans symptômes. La vision lacanienne est différente. Elle instaure une équivalence entre lien social et symptôme7. Cette perspective met le psychanalyste à l’heure de notre modernité. On entre dans la langue commune à partir de ce que l’on a de plus singulier et c’est ainsi que l’on peut se dire à l’Autre.
1 Sigmund Freud, Malaise dans le civilisation, PUF, 1981 p 32
2 DSMIII, 1988
3 Enquête nationale sur la violence envers les femmes en France, voir Norbert Elias, La civilisation des mœurs, éditions Calmann-Lévy, 1991
4Jacques Lacan, La troisième, Lettres de l’Ecole freudienne, 1975, n°16
5 Jacques Lacan, Le sinthôme, Le séminaire Livre XXVIII, Editions du Seuil, 2005.
6 le sinthome, déjà cité, p39
7 La conversation d’Arcachon, éditions Agalma, 1997
 
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mercredi 23 septembre 2009

Twitter, impuissance et diableries : l'inquiétante étrangeté aujourd'hui - François Sauvagnat

François Sauvagnat, psychanalyste, membre ECF

 

Freud, dans son étude sur le Moïse de Michel-Ange, s'était appuyé sur la méthodologie de Morelli, pour saisir ce que pouvait être la saisie du génie de l'artiste à l'ère du bertillonnage. Lacan, en s'appuyant sur la Lettre volée d'Edgar Poe, avait permis de penser ce qu'était devenu le sujet de l'inconscient à l'âge de la cybernétique.  Il s'agit ici de mettre en évidence quelques effets subjectifs provoqués par la généralisation de l'usage de récepteurs portables et des technologies  appropriées, à l'aube de la bionique.

 

A un moment crucial de refondation de la théorie psychanalytique, à l'orée des années 1950, J Lacan avait choisi de penser la cybernétique avec Poe comme il allait, quelques années plus tard, repenser l'éthique analytique en articulant la raison pratique de Kant avec la maxime de Sade.

Le bizarre de Poe s'articulait répétitivement comme exploration de l'impuissance (sens étymologique du terme scots Uncanny, qui le rapproche donc du terme français  d'origine germanique émoi) des mass-media de son temps, de la presse journalière de large diffusion, et de la notion de sens commun qu'elle supposait. La théorie de l'autonomie de la chaîne signifiante proposée par J Lacan n'était pas, comme certains milieux philosophico-littéraires l'ont prétendu, une lecture phallocentriste de Poe, mais une application de la théorie de l'Uncanny de Poe à la cybernétique. On peut résumer la conception que se fait Poe l'action policière par la formule : aller chercher les choses là où elles se trouvent. L'espace privé est conçu comme entouré d'une limite que le pouvoir policier saura franchir (la police fera fouiller le ministre), notamment en la sondant. Poe en démontre l'impuissance, au regard d'un autre type d'espace, celui de la lettre.

 On peut dire que Freud, pour sa part, avait trouvé son Poe dans Giovanni Morelli qui était un peu au bertillonnage ce que Poe était au surgissement de la presse quotidienne à fort tirage (Der Schreckliche Morelli, comme disait Jakob Burckhardt), avec évidemment, comme héros complémentaires le quatuor des promoteurs du sublime par le comique, Jean-Paul Richter, JN Nestroy, FT Vischer et Heinrich Heine.

L'option freudienne se caractérise par la mise en évidence d'une nomination qui ne se laisse pas réduire aux indices exploitables,  mais qui au contraire se présente comme protestation, défense, résistances, jusqu'aux thèses de la pulsion de mort et de la réaction thérapeutique négative. L'espace des formations de l'inconscient se présentait alors comme descriptible une fois mise en place l' "arène du transfert", que Lacan allait qualifier dans les années 1950 de "solidarité discrète".

La cybernétique, telle qu'elle a été mise en forme lors des conférences Macy à la fin de la 2e guerre mondiale, se voulait mise à disposition d'un nouvel instrument de pouvoir à la fois biologique, industriel et politique. Elle supposait que toute forme vivante se laisse décrypter comme information -- que le vivant, comme l'organisationnel, soit du langage intégral. Or le propos de J Lacan impliquait précisément que ce nom secret qu'est le symptôme n'était "pas à lire", et que le langage faisait trou et non pas continuité, que le déchiffrement concernait des anagrammes et non pas des messages, et que derrière le "sens sexuel", il y avait le non-rapport sexuel, qui précisément ne peut s'écrire.

On peut considérer que ces thèses de limitation ont largement été confirmées par  l'époque récente. D'où la renonciation au rêve de la lecture intégrale, par un Big Brother ou autre Echelon  de l'ensemble des phénomènes du monde. On sait que l'impuissance ainsi repérée  a eu des effets d'inquiétante étrangeté. Tout pouvoir se présente actuellement comme "facade de verre" et glace sans tain. Le terroriste est peut-être davantage repéré actuellement comme celui qui échappe à la maîtrise de la communication  que par sa stricte dangerosité; quelques journalistes en font régulièrement les frais. Une forte tendance pousse ainsi les modes traditionnels d'information à se comporter comme continuation des "facades de verre"  officielles (le pouvoir est essentiellement le pouvoir de "maîtriser sa comunication"), alors que le rôle plus risqué d'investigation est beaucoup plus fréquemment assumé par Internet, média volontiers sans visage, ce qui lui donne une coloration souvent "diabolique" (du grec diabolos, accusateur, calomniateur)  -- le phénomène de reductio ad hitlerum  ("loi de Godwin") invariablement trouvé sur les sites de débats est évidemment facilité par l'usage de l'anonymat. 

Mais d'autre part, puisque tout ne s'avère pas déchiffrable - l'échec constant, depuis un siècle, déjà annoncé par Freud, des détecteurs de mensonges en a été un signe avant coureur -, la réponse, avant d'avoir les moyens de  passer à la bionique, a été dans l'appareillage obligatoire. Concrètement, tout individu se voit équipé, à moindres frais, par abonnement, d'un appareil qui le rend communicant, jusque si possible dans sa vie pulsionnelle, et permet de le localiser. C'est d'ailleurs une règle actuelle de la stratégie militaire: dans les attaques des systèmes de transmission, brouillez tout sauf les signaux des téléphones portables.

De la même façon que traditionnellement la police a une double action, la détection et détention d'une part, l'infiltration et la provocation de l'autre (on sait que F ranz Alexander définissait le surmoi sadique comme un "agent provocateur"), la localisation géographique des téléphones portables est maintenant une pratique de routine et Facebook est devenu un instrument banal d'enquête de proximité; on a pu argumenter -- soit pour s'en glorifier, soit pour le dénoncer -- que les "révolutions colorées" récentes avaient permis de rassembler, grâce à des "informations" bien ciblées projetées sur des groupes de Twitter (littéralement: le gazouillis) des milliers de manifestants.

 Ces appareils sont en quelque sorte la réalisation d'une thèse d'Averroes, telle qu'elle a été transmise par Moïse de Narbone (Ma'amar be-éfsharut ha-devequt, Commentaire de l'épitre sur la possibilité de la conjonction): ce que le philosophe andalou avait énoncé comme condition de possibilité de la conjonction de l'imaginaire individuel avec l'entendement divin était l'intellect hylique. Mais ce dernier n'est pas en soi suffisant (la cybernétique comme lecture directe du "langage du vivant" a échoué.), il faut qu'il absorbe les qualités de l'intellect agent (...qu'il acquière par abonnement un téléphone portable de dernière génération!). La psychanalyse n'a jamais hésité à tenir  compte des spéculations théologiques, en mettant en évidence leurs applications les plus pratiques. Mais il faut également y ajouter que bien entendu la conjonction concerne l'âme, c'est à dire, selon Aristote, ce qui permet de faire corps.

Comme l'a bien vu Michel Foucault, les enjeux actuels de la biopolitique  -- ce qui fera la différence entre Freud et Lacan - concerne les modalités de la construction du corps, ce qu'Aristore appelait l'âme.

On sait que dans les domaines de la santé et le domaine universitaire, la "certification" est appelée en Europe "excellence", terme surgi au décours du procès du "bon docteur" Schipman, un médecin de famille britannique qui avait expédié dans l'autre monde plus d'une centaine de ses patients. Autrement dit, être excellent, c'est ...pouvoir prouver que l'on n'est pas un meurtrier en série, ce qui en dit long sur le "toujours plus d'évaluation" auquel nous sommes contraints. L'étrangement inquiétant d'aujourd'hui -la mise à disposition des limites et du fonctionnement du corps, que ce soit par les technologies de l'information ou par la chirurgie -- fait valoir, plus que la figure de l'escroc (personnage clef des réflexions d'Edgar Poe), celle du meurtrier en série, du pédophile et du terroriste. La monomanie thématique des séries télévisées en témoigne largement, qui ne nous laisse guère le choix qu'entre les exploits du commissaire x, de l'inspecteur y, les équipées du coroner z - quand il ne s'agit pas de chasse aux terroristes par quelque Jack Bauer, grand justificateur de l'urgence de la torture -, entrelardés des galipettes de chirurgiens esthétiques.

L'enjeu de la psychanalyse est donc d'irréaliser ce crime-là: de maintenir un espace dans lequel le symptôme puisse trouver une autre articulation que celle dictée par la panique provoquée par l'impuissance de la "prophétie cybernétique".

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Références:

 

Lacan J: La Lettre volée, in Ecrits, Paris, Seuil 1966.

Lacan J: L'Identification, Séminaire non publié, 1960-1961.

Sauvagnat F:"Pulsion de mort et culpabilité: les psychanalystes dans le deuxième conflit mondial", in  Les philosophes et la deuxième guerre mondiale, Presses Universitaires de Vincennes.(1992).

Sauvagnat F: "Der schreckliche Morelli".  La réception de la méthode Morelli par ses contemporains. in: Ligeia, n°13-14, juin 1994, p. 55-66.

Sauvagnat F:Ligtornenes etik. Heines vitser og deres indflydelse paa psykoanalysen, [L’ethique des cors aux pieds. Les mots d’esprit de H Heine et leur influence sur la psychanalyse],  Drift,Tidsskrift for psykoanalyse (Copenhague) Nr1, 2006, p. 51-73.

 

 

 

 

    

 

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