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Quarto n°110

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La formation sur mesure du psychanalyste

EDITORIAL
Ce numéro 110 de Quarto est consacré à la psychanalyse pure. C’est comme s’il disait au lecteur : « Tu peux savoir comment l’École forme un analyste sur mesure ». Cette formation, rendue publique au-delà de notre champ, repose sur deux pieds : la passe et le contrôle. Nous publions entre autres, les travaux exposés lors de la Journée Question d’École du 24 janvier 2015 qui était consacrée à ce thème. Ainsi que les travaux de la soirée de la Commission de la garantie du 2 décembre 2014 : Le contrôle sur mesure. Je dirais que l’enjeu de cette publication est aussi, au-delà de nous former, de démontrer l’opérativité de notre pratique de la psychanalyse aujourd’hui. Soit encore de prouver qu’elle n’est pas, comme le dit Jacques-Alain Miller « morcelée, sans âme, […] une analyse dont on ne pourrait pas faire la somme, et qui partirait à la dérive»(1). Évidemment, pour transmettre des résultats, il faut d’abord pouvoir les mesurer, sans se soumettre toutefois à aucune standardisation de notre pratique. La passe au sein de l’École, est donc ce dispositif qui rend possible de mesurer le trajet d’une analyse, elle-même sur mesure. Pour l’exposer finalement au contrôle externe du public. Dans un autre texte de J.-A. Miller, que nous publions dans ce numéro 110, « L’École et son psychanalyste »(2), il nous mettait en garde déjà de ne pas nous replier sur nous-mêmes. « Il serait trop commode pour les analystes de refuser toute demande de rendre compte de ce qu’ils font parce que la psychanalyse n’aurait rien à faire avec les choses de ce monde. Ce serait un domaine abstrait, subtil, une île, une soucoupe volante. […] Lacan a au contraire toujours insisté sur l’idée que l’on a des comptes à rendre ?»(3)
Ce numéro se propose donc de rendre compte, en publiant une série de travaux sur la passe, de la pratique de la psychanalyse orientée par le réel, qui se resserre pour chacun autour de ce qu’il a de plus unique, de sans pareil, soit son sinthome de par/être.

L’autre pied sur lequel s’appuie l’analyste de l’École est la pratique régulière du contrôle qui relève d’un désir décidé, il a été pensé par Lacan comme un dispositif pour lire autrement, pour ne pas s’endormir sur l’expérience comme garantie. Car il ya toujours un obstacle qui entrave cette fonction du désir de l’analyste même quand celui-ci n’est plus tout à fait un rhinocéros. C’est ainsi que Lacan nommait en effet le contrôlé : « Il arrive que je me paie le luxe de contrôler, comme on appelle ça, un certain nombre de gens qui se sont autorisés d’eux-mêmes à être analystes, selon ma formule. Il y a deux étapes. Il y a celle où ils sont comme le rhinocéros. Ils font à peu près n’importe quoi, et je les approuve toujours. Ils ont en effet toujours raison. La deuxième étape consiste à jouer de cette équivoque qui pourrait libérer du sinthome »(4). Il s’agit donc pour l’analyste en contrôle, de lever le point d’aveuglement et de cerner l’obstacle qui obstrue la possibilité de son acte : l’interprétation. Car l’analyse, même menée à son terme logique, n’est jamais sans reste de jouissance. Ce numéro de Quarto essaye aussi, à sa mesure, en publiant ces textes, de rendre compte de cette pratique nécessaire du contrôle pour faire place nette à cette fonction du désir de l’analyste.

Daniel Pasqualin

(1) Miller J.-A., « Est-ce passe ? », La Cause freudienne, n°75, Navarin, juin 2010, p. 87.
(2) Miller J.-A., « L’École et son psychanalyste », Quarto, n°110, avril 2015, p. 10.
(3) Ibid., p. 19.
(4) Lacan J., Le Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, p. 17.

SOMMAIRE
Éditorial 

Notre orientation
Jacques-Alain Miller : L’École et son psychanalyste

Le contrôle sur mesure
Esthela Solano-Suárez, Marie-Hélène Brousse, Patricia Bosquin-Caroz

Formation permanente du psychanalyste
Patricia Bosquin-Caroz

Le contrôle de l’expérience
Jean-Daniel Matet : Incomplétude et permanence du contrôle
Francesca Biagi-Chai : Contrôle ouéthique du bien dire
Chantal Bonneau : L’effet « tsunami » du contrôle
Laure Naveau : L’analyste comme sinthome
Dalila Arpin : Être fainéante

La décision dans la passe
Aurélie Pfauwadel : Le passeur sur la brèche
Alain Merlet : La passe encore
Hélène Bonnaud : Nommer ou pas ?
Michèle Elbaz : Le bord d’une certitude
Anna Aromi : Paris était une fête

L’empire de la responsabilité à la fin de l’analyse
Anaëlle Lebovits-Quenehen : D’un écart, l’Autre
Bernard Porcheret : Débilité et responsabilité
Bruno de Halleux : L’analyste comme artiste
Michèle Elbaz : L’empan d’une responsabilité
Danièle Lacadée-Labro : Comment répondre du réel : un choix forcé ?
Marie-Hélène Blancard : Analyse finie et infinie