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Quarto n°118 : lire Lacan

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Quarto n°118 : lire Lacan

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Qu’est-ce que lire Lacan ? Jacques-Alain Miller nous explique comment il s’y est pris pour éditer le Séminaire de Lacan. Des psychanalystes nous proposent un commentaire pas à pas de trois textes fondamentaux. Lire Lacan, c’est aussi lire la clinique avec son enseignement – qu’il s’agisse de la névrose obsessionnelle, de la fin de l’analyse, ou encore des modes de jouissance contemporains.

Points forts

• Jacques-Alain Miller, éditeur des Séminaires et écrits de Jacques Lacan nous dit son rapport à l’enseignement oral et au texte de Lacan
• Des lectures éclairantes d’écrits majeurs comme « Radiophonie », « Position de l’inconscient » et la « Question préliminaire à tout traitement de la psychose »
• Deux textes qui nous font redécouvrir la névrose obsessionnelle dans le cadre des enseignements ouverts de l’École de la Cause freudienne
• Des témoignages sur ce qui ce qui fait acte dans la fin de l’analyse

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Éditorial

Lire Lacan est un acte politique.

Dans sa Première Lettre adressée à l’opinion éclairée [1], en 2001, Jacques-Alain Miller fustigeait le monde analytique de l’Association Psychanalytique Internationale (ipa) en France. Car en effet on diffamait Lacan, et lui, J.-A. Miller, alors qu’il était évident que dans l’ipa, partout dans le monde – sauf en France – on se mettait à lire Lacan, à l’étudier, à utiliser ses concepts et que des rapprochements s’étaient amorcés entre l’ipa et l’Association Mondiale de Psychanalyse –  allez relire Silence brisé, de J.-A. Miller et Horacio R. Etchegoyen [2].

Aujourd’hui, le mouvement s’accentue. Sauf au cœur de quelques bastions, on n’enseigne plus Lacan à l’université en France ou en Belgique. Il en est chassé – et d’ailleurs la psychanalyse avec lui – au nom d’une science otage des algorithmes.

Eh bien, qu’à cela ne tienne ! Nous lirons Lacan ailleurs ! Et cela a d’ailleurs déjà commencé, dans nombre d’acf à travers tout le territoire. L’École elle-même a renoué avec une de ses fonctions fondamentales en mettant sur pied son nouveau programme des Enseignements ouverts à Paris.

Donc oui, lire Lacan est un acte politique, pour défendre la cause du Un par un face à la massification des individus.

J.-A. Miller fut le premier à montrer la voie dans son cours de L’Orientation lacanienne mais aussi et peut-être surtout dans son travail d’établissement du Séminaire de Lacan. Dans la première séance de son cours « L’Un tout seul », publiée dans ce numéro sous le titre de « Ma traduction de Lacan », il nous témoigne de son rapport à l’enseignement oral de Lacan et de la façon dont il a opéré cette traduction, cette « transformation […] du plus ou moins audible au lisible ».

Des collègues s’y sont mis, nous offrant des lectures de textes fondamentaux de Lacan comme « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », « Position de l’inconscient » et « Radiophonie » ; ou nous proposant une lecture structurale, inédite et stimulante, de la névrose obsessionnelle, dans le cadre des Enseignements ouverts de l’ecf, croisant les apports de Freud et les avancées de Lacan.

L’acte est aussi au rendez-vous de la passe, bien sûr ! L’acte analytique cette fois, entre coupure et présence « en corps » côté analyste, et consentement côté analysant, est au cœur des échanges passionnants entre ae, chacun venant en témoigner à partir de la singularité de son témoignage.

Dans « Le partenaire-symptôme », auquel il est fait référence à quelques reprises dans ce numéro, J.-A. Miller relève qu’il y a un hiatus, une rupture de causalité entre l’articulation signifiante (le programme fantasmatique) et l’investissement libidinal, et que si acte analytique il y a et avec lui possibilité de passe, ils s’inscrivent dans la marge entre réduction signifiante et réduction quantitative [3].

Du partenaire et du symptôme, il est question également ici, dans ses modalités multiples de rapport à la jouissance. Si elles ont en commun de surgir sur fond de non-rapport, leur multiplicité témoigne de la réponse de chaque parlêtre à cet impossible. Elles sont de toute façon hors-les-normes.

Quarto est une revue qui paraît trois fois l’an. Elle se propose de faire série de ses rubriques, comme dans les épisodes d’une série. Alors, la suite au prochain numéro !

Guy Poblome

[1] Miller J.-A., Lettres à l’opinion éclairée, Paris, Seuil, coll. Sciences Humaines, 2002.

[2] Miller J.-A., Etchegoyen H., Silence brisé, entretien sur le mouvement psychanalytique, Paris, agalma Seuil, 1997.

[3] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Le partenaire-symptôme » (1997-1998), enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris viii, cours du 6 mai 1998, inédit.