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samedi 14 septembre 2019 à 14h,

Musée des Beaux-Arts ,

place Saint-Eloi,

49100 Angers

10€/5€, gratuit pour les lycéens

contact : marie-claude.chauvire@wanadoo.fr

Détails

Date :
14 septembre
Heure :
14 h 00 min - 17 h 00 min
Catégories d’Évènement:
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Étiquettes Évènement :
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Table ronde : Des femmes à la Varda , Entre dire et indicible avec Omaïra Meseguer, Anne Loiseau et Louis Mathieur

Des femmes à la Varda, Après-midi préparatoire aux J49

Femmes en psychanalyse, c’est le titre des Journées 49 de l’École de la Cause Freudienne qui se tiendront à Paris le 16 et 17 novembre. Un infini de lectures possibles s’ouvre quand on parle des femmes. Lors de ces Journées, nous parlerons de ce que disent les femmes et les hommes sur leur rapport à la féminité, des embrouilles de chacun(e) avec la question féminine. Il s’agira de rendre audible l’effort, toujours singulier, de bien dire les femmes et au-delà, la question que pose le féminin. Il s’agira de s’avancer avec tact et prudence dans une zone difficile qui exige une énonciation précise, pour tenter de cerner un indicible, une certaine rigueur est de mise.

Entre dire et indicible n’existe-t-il pas un tiraillement que nous pourrions qualifier de proprement féminin ? Nous donnerons quelques éclaircissements sur cette tension, entre ce qui se dit et ce qui ne peut pas se dire, aiguillés par le regard d’une femme : Agnès Varda. C’est elle, l’artiste, qui nous « fraie la voie » et c’est en suivant le chemin par elle défriché que nous tenterons d’avancer dans cette zone du pas-tout féminin.

Agnès Varda avait une idée sur les femmes. Y’a d’la femme dans sa manière de filmer les interstices, les petits détails qu’elle transforme en trouvailles. C’est sans aucun doute la marque de fabrique de son cinéma et aussi sa manière d’aborder les femmes dans ses films, toujours mettant en exergue le divin détail.

Dans un entretien en 1978, expliquant sa manière de filmer les femmes, toujours une par une, Agnès Varda affirmait son envie de montrer à l’écran des femmes en dehors de ce qu’elle dénommait des « stéréotypes doubles ». Elle en dressait une liste : « la putain-la bonne sœur, l’épouse-la maîtresse, l’idiote mignonne – l’intellectuelle moche, la femme sensible qui ne sera pas la vraie passion et (…) celle qui éveille la passion mais qui sera une garce ». Autant de nominations maladroites, voire insultantes, qui tentent de dire La femme et qui la diffament tel que nous l’apprend la psychanalyse lacanienne.

L’effort de Varda était justement de ne pas diffamer les femmes, en les prenant une par une. « Avec mon cinéma, je n’offense pas les femmes. Je sais que je ne vais pas les découper en morceaux de peau désirable ». Quel a été son pari ?

Dresser des portraits. Des portraits de femmes regardées avec l’œil d’une documentariste, d’une rêveuse de la rêverie. Les portraits conviennent aux femmes, parce que l’art du portrait permet d’accentuer des traits, jouer avec des zones d’ombre. Il y a dans le portrait un jeu de caché/montré. Dire l’indicible restant sur un bord, Agnès Varda savait le faire.

Qu’est-ce que nous apprend Agnès Varda sur les femmes ? Que pouvons-nous extraire comme enseignement du féminin ? Nous suivrons une piste ouverte à partir de son magnifique film de 1962 : Cléo de 5 à 7. Il ne s’agit pas cette fois-ci de vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, mais simplement de deux heures à regarder au microscope avec la finesse vardesienne. Le vecteur de l’histoire de Cléo va d’une femme qui a peur vers une femme qui n’a plus peur. Ne pouvons-nous pas dire de cette petite phrase qu’elle résumerait ce que peut être un trajet analytique ?