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Jean-Robert Rabanel : souvenirs, camarade

Jean-Robert Rabanel : souvenirs, camarade

En hommage à Serge Cottet.

Comme chacun qui a bien connu Serge Cottet, la nouvelle de son décès est insupportable. Les souvenirs reviennent à ma mémoire comme une tentative pour réparer l’irréparable. Ils conservent une sorte de calme qui caractérisait nos rencontres.

Nous avons fait plusieurs cartels avec Serge dont certainement un des premiers cartels de l’ECF avec J.-A. Miller comme Plus-un.

J’ai apprécié l’accueil chaleureux du camarade généreux à transmettre son savoir à l’étudiant de la Section clinique que j’étais alors, impressionné de se trouver au séminaire de DEA de Jacques-Alain Miller et à la Section clinique de Paris. Serge était, avec Michel Silvestre, parmi les enseignants qui ont contribué à ma formation analytique.

Après les Journées de Printemps à Clermont, en Juin 1987, j’ai fait partie de son directoire de l’ECF (1988-1990).

Nous nous sommes retrouvés dans d’autres cartels, institutionnels, cette fois, en vue de la préparation des 18 et 19èmes Journées d’étude du CEREDA : « La gourmandise du surmoi », en1995, et « Ravages de la parole », en 1996, dont Serge était le Plus-un.

Nous avons organisé ensemble des Journées d’Étude de l’ECF dont celles pour le cinquantième anniversaire de la mort de Freud, en 1989.

Son ouvrage Freud et le désir du psychanalyste a été un repère pour beaucoup d’entre nous dans le début de l’ECF avec le Lacan de l’objet.

Je connaissais la peine que la scission de 1998 a été pour lui de se séparer d’amis sincères. J’ai eu la joie de pouvoir le savoir avec nous jusqu’au bout au moment où il fallait assurer l’essentiel.

Nous partagions la même passion de la musique, lui le violoniste de concert, moi l’enfant de la balle, auditeur passionné. La musique était présente à chacun de ses passages à Clermont où Simone et moi le recevions. Ce sont des souvenirs que nous gardons précieusement.

Le dernier remonte à notre participation au Colloque de Musiques Démesurées, à Clermont, en Avril 2016, organisé en même temps que la parution du premier exemplaire numérique de La  Cause du désir : « Ouï !» (numéro hors-série).

Tout au long de ce parcours, j’ai toujours appris de Serge Cottet, mon ami, mon maître, mon camarade.

Un dernier souvenir peu connu. Il tient à la délicatesse de l’aide qu’il savait apporter. Après l’échec en 1981, d’un projet d’accueil de population, en dehors des circuits traditionnels de la médecine et de la psychiatrie, avec le « Groupe de Recherche Psychanalytique » pour permettre l’accès à la psychanalyse en l’ouvrant à des champs nouveaux, en 1986-87, à la demande de la C.C.A.S., une étude portant sur « la structure familiale et les psychoses » associait les professionnels de l’institution de Nonette à des interlocuteurs extérieurs : des psychanalystes membres de l’ECF et des chercheurs de l’Institut de Recherches Marxistes. Le thème choisi témoignait du souci d’articulation des pratiques sociales et de la psychanalyse dans la mesure même où la famille est bien, comme articulation de la subjectivité et du lien social, un fait incontournable. Conjonction des ressources éprouvées de la clinique et des données de l’histoire familiale, cette étude, faite à partir du terrain institutionnel, avait permis de mettre en évidence la présence, assez régulièrement retrouvée dans les cas de psychoses de l’enfant, d’une discontinuité sociale non symbolisée dans les générations précédentes. Ainsi la théorie lacanienne de la forclusion du Nom-du-Père démontrait elle sa validité, y compris dans le domaine des psychoses de l’enfant, dans la mesure même où c’est à ce signifiant que le sujet doit son inscription dans le lien social de discours.

Cette étude avait largement bénéficié des contributions de Serge Cottet.

Salut camarade.