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Les séries, le monde, la crise, les femmes

Les séries, le monde, la crise, les femmes

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Gérard Wajcman

« Pourquoi la série. Ceci n’est pas une question. Parce que la série est une réponse. La série est une forme. »

La série n’est pas simplement un genre télévisé en vogue, c’est d’abord une forme. C’est du neuf esthétique, et on sait que les inventions de formes sont rares. Pour la décrire, il faut se lancer dans une anatomie comparative et la confronter à d’autres formes, au cinéma, évidemment, mais aussi à des formes plus anciennes, fondamentales dans notre civilisation : au mythe, au roman, aussi au tableau.

La question de la série se pose depuis toujours, dans la littérature, avec le feuilleton par exemple, ou dans l’art, avec les Nymphéas de Monet, la reproductibilité technique selon Walter Benjamin ou la collection, notamment.

Mais la forme-série n’est pas qu’un problème esthétique, et cette forme n’est pas seulement nouvelle, elle est profondément actuelle. La forme-série pourrait être le langage du monde comme il est : en crise. La série serait une forme de crise. Elle serait structurée comme le monde en crise, ou le monde serait lui-même structuré comme une série.

D’où l’interrogation qui anime le propos : de quoi la série est-elle la forme ? La série symptôme du monde comme il va, ou comme il ne va pas. Une forme témoin du malaise dans la civilisation. Cela conduit, pour finir, à la question de savoir pourquoi les femmes occupent le devant de la scène des séries.

Sommaire

Ciné, série

Matrice de l’effondrement

Série de crise

La série, œil ouvert sur le monde

La forme-série

Mythe, roman, série

Récit, crise, série

Récit du monde, récit du sujet

Nouvelle civilisation

La série, topographie de la jouissance

Des femmes et des déglingueuses

Dernier épisode