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Mental n° 35 : Signes discrets dans les psychoses ordinaires

Mental n° 35 : Signes discrets dans les psychoses ordinaires

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Edito
Des signes ostentatoires aux signes discrets

par Clotilde Leguil

Dans le moment de crise que nous traversons en Europe, au cours de ce premier quart de XXIe siècle, le débat politique porte sur les moyens de déchiffrer les signaux de la radicalisation chez des sujets qui ne sont pas encore passés à l’acte. Le débat porte aussi sur les signes ostentatoires d’appartenance religieuse dans l’espace public. Comment interprète-t-on ces signes ? Faut-il y voir un signe qui ne trompe pas et nous indique un danger ? Faut-il y voir une provocation ou un habitus, reposant sur un rapport à l’autorité traditionnelle, en perte de vitesse dans les démocraties occidentales ? Nous ne savons plus comment interpréter les signaux et les signes qui nous viennent de l’Autre.

“Signes discrets dans les psychoses ordinaires”, est le titre du Congrès de la NLS, organisé par Yves Vanderveken, congrès qui s’est tenu à Dublin les 2 et 3 juillet 2016. Ces signes discrets nous indiquent l’orientation des psychanalystes lacaniens à l’époque de la fin de l’ordre symbolique. La clinique analytique ne pousse pas à s’appuyer sur les signaux comportementaux, qui permettraient de prévoir un départ, ni non plus sur les signes ostentatoires de la croyance, comme preuve des intentions cachées d’un sujet, mais sur les signes discrets et secrets, qui indiquent chez un sujet “un désordre dans le sentiment de la vie[1]”.
“Si vous ne reconnaissez pas une névrose, si vous ne voyez pas des signes évidents d’une psychose, cherchez les petits indices[2], disait Jacques-Alain Miller à propos de la psychose ordinaire. Ce numéro de MENTAL 35, qui se conçoit dans la continuité des deux précédents eu égard à la question politique qui les animait déjà, est consacré à l’exploration de cette clinique des signes discrets, dont Yves Vanderveken nous dit qu’elle s’est généralisée…

[1] Selon l’expression de Lacan à propos du Président Schreber dans son écrit sur “D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose”, Écrits, Seuil, 1966, p. 558, expression reprise par Jacques-Alain Miller à propos de la psychose ordinaire, cf. ci-dessous.
[2] Miller J.-A., “Effet retour sur la psychose ordinaire”, Qu a rto n°94-95, Retour sur la psychose ordinaire, janvier 2009, p. 49.

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Sommaire

Edito
Clotilde Leguil « Des signes ostentatoires aux signes discrets »

Retour sur le congrès de la NLS à Dublin
Yves Vanderveken « Vers une généralisation de la clinique des signes discrets »

Diagnostiquer le présent
Lilia Mahjoub « Du signifiant au signe »
Miquel Bassols « Psychoses, ordonnées sous transfert »
Réginald Blanchet « L’imaginaire de la psychose ordinaire »
François Ansermet « Paradoxes des signes discrets »
Jacques Borie « Averti du signe »
Eric Laurent « Portrait de Joyce en Saint homme »

L’Interview de MENTAL
Rencontre avec Serge Hefez, « Le rêve d’un autre monde »

Nouveaux enjeux de la psychanalyse au XXIe siècle
Jacques-Alain Miller, « De la nature des semblants »

Logique de la clinique
Dossia Avdelidi « La psychose non déclenchable »
Florencia Shanahan « Note introductive sur les signes discrets »
Alan Rowan « Les désordres de la personnalité et la psychose ordinaire »
Marco Mauas « La psychose ordinaire, intime »
Lieve Billiet « Modalité du surmoi »
Serge Dziomba, « De la flèche au manège »
Laurent Dupont « Le bruyant et le discret »
Dominique Holvoet « Signes explicites de fin d’analyse »
Jacques-Alain Miller « Conversation clinique à Dublin sur trois cas »
Herbert Wachsberger « De l’expérience énigmatique au phénomène élémentaire »
Claudia Iddan « Pousse-à-l’homme »
Geert Hoornaert « Un fruit pelé »
Antonio Di Ciaccia « Le temps et la séance analytique »
Maurizio Mazzoti « Un facteur incompressible »
Véronique Voruz « Pas de temps à perdre »
Fabian Fajnwaks « Nouage du temps et de l’acte dans la décision »
Jean-Daniel Matet « Commentaire de deux témoignages d’A.E à Milan »

Autres liens, autres lieux
Aurélie Pfauwadel « L’anormalité, Lacan versus Foucault »
Grigory Arkhipov « Sur la schizophrénie « larvée » en URSS »
Virginie Leblanc « Sur Une chanson douce de Leïla Slimani»
Omaïra Messeguer « Signes discrets de la féminité »
Clotilde Leguil « Sophie Calle, un pari sur la perte »